Niger/Sécurité : « le terrorisme est un vrai malheur pour notre pays » dixit le nouveau Chef de l’Etat

Le Niger, pays du Sahel central a vu ses énormes potentialités de développement éclipsées par une crise multidimensionnelle dans laquelle, vulnérabilité, instabilité et insécurité chronique, se disputent la une des médias du monde entier. Dès le début de sa campagne présidentielle, le nouveau Président de la République du Niger, Mohamed Bazoum a promis à ses compatriotes nigériens de faire de la question sécuritaire une de ses priorités de gouvernance. Pas plus loin, le vendredi 2 avril 2021, lors de son investiture, le président a réitéré sa détermination dans la lutte contre ce fléau en soulignant l’importance de nouveaux pourparlers avec les leaders des pays voisins affectés par la même situation.

En effet, pour Mohamed Bazoum qui s’est rendu ce mardi 6 avril à son bureau pour sa première journée de travail, le compte à rebours est lancé. Le successeur de d’Issoufou Mahamadou n’a plus qu’environ 60 mois, 261 semaines, 1825 jours, 43 800 heures et 2 628 000 minutes pour prouver aux citoyens nigériens que son serment ne se résume pas qu’à de belles promesses politiques. La mise en œuvre de ses engagements sur la question de l’insécurité est plus qu’attendu auprès d’une grande partie de la population angoissée par ce fléau.

Notons qu’au moment où le capitaine du navire prend les commandes, le Niger est depuis environ une dizaine d’années, en proie à une insécurité grandissante dans l’espace Sahélo-saharien, notamment au bord du Lac Tchad avec Boko Haram, le crime transnational organisé dans le sud de la Libye, les agissements des organisations criminelles et terroristes le long de sa frontière avec le Mali. Le chef de l’Etat, Mohamed Bazoum, a fait observer que ses grandes ambitions pour le Niger ne sauraient se réaliser « aussi longtemps que notre pays sera confronté à l’insécurité générée par l’existence de groupes terroristes dont la barbarie vient de dépasser toutes les bornes, à l’occasion des tueries qu’ils ont menées cette année dans les départements de Ouallam, Banibangou et Tillia ».

Au cours de son intervention, Mohamed Bazoum a rappelé que pendant une longue période, les criminels embrigadés dans l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) affiliés à Daesh ne s’attaquaient quasi exclusivement qu’aux Forces de défense et de sécurité. « Mais, depuis un certain temps, ils ont commencé à s’en prendre aux chefs de villages, puis progressivement aux civils de façon indiscriminée. Depuis janvier dernier, ils se livrent à de massacres de civils innocents, à grandes échelles, commettant à l’occasion, des vrais crimes de guerre » regrette-il tout en indiquant que « le terrorisme est un vrai malheur pour notre pays, cela d’autant plus que ses bases sont hors de notre territoire, et ceux qui en sont les chefs relèvent d’autres pays. Jamais, aucun chef terroriste n’a fait cas de griefs contre notre Etat, encore moins formuler la moindre revendication en sa direction ».

Parmi les chiffres soulignés dans son discours concernant la déstabilisation économique de Boko Haram dans la région de Diffa depuis janvier 2015, on peut retenir que 130.000 réfugiés nigérians, 105.000 déplacés internes et 30.000 nigériens retournés du Nigéria ont cessé toute activité économique et vivent de l’assistance humanitaire. « Mon ambition est d’engager immédiatement des discussions avec les autorités du Nigéria, celles de l’Etat de Borno, pour particulièrement créer les conditions du retour dans les meilleurs délais, de tous les réfugiés dans leur pays, permettre aussi le retour tout aussi rapide des déplacés dans leurs villages respectifs, en leur assurant la sécurité à laquelle ils ont droit », a souligné Mohamed Bazoum.

Le dixième président de la République du Niger a insisté sur le fait que cela est « d’une nécessité impérieuse, en ce que les enfants déscolarisés et désœuvrés vivant dans les camps des réfugiés et des déplacés constituent, en mesure qu’ils grandissent, une véritable pépinière pour le banditisme et le terrorisme. Tels quels, ces camps constituent des fabriques potentielles des terroristes, voilà pourquoi il est urgent d’y mettre fin ».

Pour Bazoum, la bataille contre l’EIGS sera très difficile aussi longtemps que l’Etat malien n’aura pas exercé la plénitude de sa souveraineté sur ses régions. Le président a aussi prévu, dans son agenda diplomatique sur le Mali, « une coordination étroite avec les pays du G5 Sahel, l’Algérie, la France, les Etats-Unis d’Amérique et les autres membres permanents du Conseil de Sécurité notamment. « Nous devons aider nos frères maliens à s’entendre, à mettre en œuvre l’accord d’Alger, à dépasser l’accord d’Alger, à reconstituer pleinement leur Etat en vue de lutter efficacement contre le terrorisme », dit-il tout en ajoutant qu’ « à Diffa, comme à Tillabéry et à Tahoua, j’engagerai les actions qu’il faut pour mettre rapidement fin aux souffrances des populations dont la vie est empoisonnée par les rapts, les paiements des rançons, les paiements de l’impôt aux groupes terroristes, les extorsions, les enlèvements d’animaux et les crimes systématiques ».

Enfin, Mohamed Bazoum a indiqué que « nos Forces de Défense et de sécurité jouiront de mon plein soutien, comme cela avait été le cas avec le Président Issoufou Mahamadou, pour disposer de tous les moyens dont elles ont besoin pour le combat courageux qu’elles mènent contre le terrorisme. Tirant les leçons de ce combat que nous menons depuis bientôt dix ans, je mettrai un accent particulier sur la rationalisation de notre action qui doit résulter d’une distinction intelligente entre les missions de l’Armée et celles des Forces de sécurité intérieure ».

En attendant de voir ces belles perspectives se réaliser, rappelons que tout juste le samedi 3 avril aux environs de 9h00, la position militaire PK 50, qui est située à environ 50 km à l’Est de Diffa, a été cible d’une attaque par des individus armés présumés « membres d’une faction de Boko Haram ». Selon un bilan fourni par l’Etat-major du Secteur de la Force mixte multinationale (FMM), quatre (4) soldats ont été tués et des blessés enregistrés. Pour mettre l’huile sur le feu, des cas d’abus sexuels ont aussi été commis par des soldats tchadiens déployés à Téra au Niger dans le cadre de la Force conjointe du G5 Sahel.

Décidemment, la vie présidentielle ne sera pas un long fleuve tranquille pour le candidat du PNDS Tarraya qui prend désormais les rênes du pouvoir.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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