Niger/Ramadan : Un bon filon pour les restaurants et les vendeuses ambulantes ?

Empreint de spiritualité et de convivialité, le mois de ramadan représente l’occasion de longs dîners en famille et entre amis. Pendant ce mois, les fidèles musulmans se privent de manger, boire ou fumer entre le lever du soleil et le coucher de celui-ci. Cependant à Niamey, de nombreux restaurants sont presque désertés les journées. Que font ces derniers pour générer du chiffre d’affaire sur une période traditionnellement calme ?

Au Niger, l’augmentation moyenne des dépenses alimentaires d’un ménage qui pratique le jeune durant le mois de ramadan est environ de +40%. Jeûner pour manger plus ? Presque. Les grands espaces alimentaires l’ont bien compris : pendant ce mois sacré, les feuilles de bricks, les cartons de sucres « Saint Louis », les bouteilles de jus et les dattes fleurissent dans les étals et les promotions se multiplient. Si les repas sont traditionnellement pris à la maison en famille ou entre amis, ils nécessitent de longue préparation qui ne sont pas toujours compatibles avec les rythmes de travail de quelques personnes.  Les jeunes professionnels et certains étudiants ne trouvent pas toujours le temps de cuisiner, alors le soir c’est parfois au restaurant qu’ils décident de se retrouver, ou reste aussi l’option de rompre le jeûne en livraison à domicile. L’opportunité est indéniable pour les restaurateurs !

En effet ! pendant cette période de ramadan à Niamey, les restaurants qui proposent des plats de journée sont en quelques sorte « contraints » de se réorganiser car les clients se font rares à ces heures. Depuis quelques temps, de nombreux restaurants proposent des menus particuliers pendant le ramadan. Des crudités, des grillades, soupes, moringa composé, salade de fruits, de petites spécialités ou encore de la bouillie, les consommateurs ont aujourd’hui l’embarras du choix. « La demande de formules « ftour » ou « iftar » (repas de rupture du jeûne) est de plus en plus palpable au restaurant » confie le gérant d’un restaurant sis au quartier Plateau, tout en ajoutant que « ces demandes nous permettent de générer assez de chiffres…puisque le ftour est l’unique repas de la journée, les exigences des jeûneurs excèdent souvent les classiques plats commandés dont ils se seraient contentés en temps normal ». Des propos confirmés par un client qui souligne que « pour rompre le jeûne ici, je commande un plat d’entrée, un plat de résistance, un dessert et de la boisson… ».

Par contre, s’il y a une forme de restauration qui marche bien ici à Niamey pendant ce mois, c’est bien la « street-food ». Le ramadan pour les vendeuses de « dambou da kopto », de la « boule » ou le vendeur de « massa » et « farine-massa », est du pain béni. « Mes revenus se multiplient environ deux fois, les clients viennent acheter pour les ftour familiales, et souvent mon stock fini avant même l’heure de rupture » affirme une vendeuse de « dambou » (couscous nigérien souvent à base de riz).

En fin de compte, le ramadan ne constitue pas tant que ça un obstacle à certaines économies, puisque que ce soit les commerçants, les grandes distributions et les restaurateurs y trouvent leur compte.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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