Culture/Fespaco : le plus grand festival de cinéma africain reporté en raison d’une hausse des cas de coronavirus

Depuis sa création en 1969, le Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), devenu biennal en 1979 s’est imposé comme principal rendez-vous du 7ème art en Afrique et de sa diaspora. Se tenant tous les deux ans, chacune des éditions du Festival met des films de tous formats en compétition pour obtenir l’Etalon d’or, jugé être la « récompense suprême ». Initialement prévu du 27 février 2021 au 6 mars 2021, le Festival est reporté tout comme le festival de Cannes ou la Berlinale. Cette annonce a été déclarée par Ousseini Tamboura, porte-parole du gouvernement lors d’une conférence de presse à Ouaga le 29 janvier 2021.

Décidément le covid-19 n’épargne aucun secteur sur son chemin et met tout au ralenti. La rehausse des cas de coronavirus dans la zone a forcé la main aux organisateurs du Fespaco à reporter l’évènement. En effet, depuis le début de la pandémie, le pays de Thomas Sankara a enregistré 10.423 cas de covid-19 ont été confirmés pour 120 décès. « Au regard de cette situation sanitaire, sur le plan tant national qu’international, liée à la pandémie du coronavirus, il sera difficile de tenir le Fespaco à une bonne date » a souligné Ousseini Tamboura, porte-parole du gouvernement, tout en ajoutant qu’« il ne sera pas facile pour nous de décider d’une (prochaine date) parce que cela est lié à l’évolution de la situation sanitaire ».

Une situation vraiment triste car depuis sa fondation, le Fespaco rassemble à Ouagadougou des « dizaines de milliers de spectateurs et acteurs du milieu du 7e art ». Le festival a contribué à faire connaître les plus grands réalisateurs africains comme Ousmane Sembene, Souleymane Cissé, Idrissa Ouedraogo ou Abderrahmane Sissako et reste aussi une « formidable vitrine pour des jeunes talents tant devant que derrière la caméra ».

C’est un coup dur  aussi pour le secteur de l’hôtellerie et du tourisme au Burkina Faso. Après la semaine nationale de la culture, le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou et maintenant le Fespaco, les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour ces secteurs économiques importants. Pour Célestin Zoungrana, président de l’Association professionnelle des hôteliers et restaurateurs du Burkina Faso, « vraiment, le secteur ne se porte pas bien et c’est depuis une année, d’ailleurs, que les touristes ne viennent pas. Ces événements constituaient quand même des sources de financement pour le secteur ». En effet, ces événements annulés, les professionnels de l’hôtellerie et du tourisme attendent des mesures pour soulager un secteur déjà en crise.

Il est à noter qu’une commission interministérielle avait évalué les conséquences de la crise sanitaire sur le secteur mais avec le report du Fespaco, un réajustement de cette évaluation est nécessaire, selon le président de l’Association professionnelle des hôteliers et restaurateurs du Burkina Faso.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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