Conseil de Sécurité de l’ONU : l’UNOWAS condamne l’attaque ayant occasionnée plus de 100 morts dans les villages de Tchomabangou et Zaroumadareye

Au cours du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nation Unies, le représentant permanent de l’organisation au Niger l’Ambassadeur Abdou Abarry a dans son intervention au cours du débat ouvert sur le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), le lundi 11 Janvier 2021, évoqué le caractère différentiel de l’attaque intervenu, le samedi 2 janvier dernier dans 2 villages du département de Ouallam ayant occasionnés plus 100 morts. Selon l’ambassadeur« cette fois ci l’intention de terroristes est claire. Elle ne vise pas à attaquer des objectifs militaires mais à s’en prendre à des populations civiles, de façon à les empêcher de collaborer avec les autorités nigériennes dans la lutte contre le terrorisme ». Ce débat a aussi été l’occasion pour plusieurs responsables de l’organisation tels que DR. Martin Kimani du Kenya et Madame Geraldine Byrne Nason de l’Irlande de se prononcer sur la situation sécuritaire au Sahel et de présenter leurs condoléances aux populations nigériennes.

Au cours de ce débat le représentant de l’organisation au Niger a rappelé que certains pays tels que la France ont perdu des hommes au Mali. Il a aussi remercié l’ensemble des partenaires du Niger et  l’ensemble de tous ceux qui concourent à la recherche de la paix et de la stabilité.
L’Ambassadeur Abarry, « face à cette situation mon pays a décidé de prendre deux décisions majeures. La première est de renforcer sa présence militaire au niveau de la frontière avec le Mali et la deuxième est d’organiser dans les prochains jours un forum pour la paix, de façon à éviter que ces attaques ne provoquent un conflit intercommunautaire, autre objectif vise par les terroristes »,a-t-ilprécisé.

Dans la Déclaration commune au nom des A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie) et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, S.E. DR. Martin Kimani, Représentant permanent de la République du Kenya auprès des Nations unies, a transmis ses « sincères condoléances au peuple et au gouvernement du Niger, par l’intermédiaire de l’ambassadeur Abarry, pour les vies perdues lors des attaques gratuites perpétrées contre des civils innocents le 2 janvier 2021 dans la région sud-ouest du Niger. Cet acte odieux démontre non seulement la volatilité, mais aussi la nature transfrontalière des menaces à la sécurité dans la région. En solidarité avec le gouvernement et le peuple nigériens, nous devons être résolus à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éliminer la menace terroriste dans la région et sur le continent dans son ensemble ».

L’Ambassadeur Kimani a poursuivi son intervention en insistant sur la diplomatie préventive qui doit « continuer à être une tâche prioritaire de l’UNOWAS. Nous félicitons également M. Chambas pour son leadership qui a permis à l’UNOWAS de remplir efficacement son mandat dans un contexte régional de plus en plus difficile ». Pour le diplomate kenyan, « au-delà de l’excellent rôle joué par l’UNOWAS à cet égard, nous estimons qu’il est temps que les Nations unies et le Conseil de sécurité s’engagent dans des actions concrètes sur la manière de répondre aux menaces climatiques et sécuritaires, y compris sur la proposition de création d’un bureau d’un envoyé spécial du Secrétaire général pour le climat et la sécurité.

En évoquant les événements récents dans la zone des trois frontières au centre du Sahel, au Nigeria ou au Tchad, il a indiqué que ce « ne sont qu’un rappel de plus, qu’une attention plus concrète doit être accordée à cette question. C’est pourquoi l’A3+1 soulignent l’urgence d’une solution globale en forgeant un partenariat plus solide entre le G5 Sahel, les Nations unies et les partenaires de développement tels que la Banque mondiale et l’Union européenne, par le biais d’un projet conjoint qui s’attaquera concrètement à la cause profonde de la violence intercommunautaire et empêchera sa propagation ».

Selon lui l’insécurité et l’instabilité politiques omniprésentes dans la région « exigent une mise en œuvre structurée et ciblée du mandat de l’UNOWAS afin de s’attaquer efficacement aux causes profondes à travers un développement durable. Nous encourageons le renforcement de la coopération entre l’UNOWAS, l’Union africaine et d’autres organisations sous-régionales en collaboration et en coordination avec les principaux acteurs de la région, les régions voisines, ainsi qu’avec les organisations régionales et internationales dans la recherche de solutions pratiques, notamment en renforçant la mise en œuvre régionale des objectifs de développement durable (SDG) ».

Dans sa conclusion Dr Martin Kimani a réaffirmé « que la solution la plus durable à la situation en Afrique de l’Ouest et au Sahel, réside dans des stratégies globales qui s’attaquent aux causes profondes de l’insécurité et de l’instabilité ».

La Représentante de l’Irlande, nouveau membre du Conseil de Sécurité Madame Geraldine Byrne Nason quant à elle, a tenu à remercier le Représentant Spécial du Secrétaire Général, M. Chambas, pour le travail important de son bureau pendant les six derniers mois, qui est décrit en détail dans le rapport. L’Irlande soutient pleinement le travail de l’UNOWAS.

« L’Irlande a-t-elle souligné est ravie d’assumer le rôle de porte-plume avec le Niger pour ce dossier important. Les priorités que nous avons établies pour notre mandat au Conseil dira-t-elle est de promouvoir la paix, de soutenir la prévention des conflits etde garantir le principe de responsabilité, qui sont aussi, au cœur du mandat de l’UNOWAS. Nous travaillerons assidument avec vous, pendant les prochains deux ans, sur nos priorités communes ; la consolidation de la paix et de la démocratie, la promotion de solutions régionales aux menaces transversales, à la paix et à la sécurité, y compris l’action contre le changement climatique, la promotion de la bonne gouvernance, l’Etat de droit, les droits de l’homme et les questions du genre ». Elle a enfin exprimé « ses condoléances sincères à l’Ambassadeur Abarry et au peuple Nigérien, suite aux attentats répréhensibles qui ont couté la vie à plus de cent personnes récemment dans la région de Tillabéri ».

Malgré d’importants succès, l’insécurité s’est étendue à de nouvelles zones auparavant considérées comme sûres où, comme dans le nord-ouest du Nigeria, les terroristes sont de connivence avec des bandits et d’autres réseaux criminels. Il est à noter que le Conseil de Sécurité à travers les déclarations de ses membres, a reconnu la nécessité d’un soutien et d’une solidarité de la communauté internationale, pour aider les pays de l’Afrique de l’Ouest, à faire face aux défis de la criminalité transnationale et du terrorisme.

Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.

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