Le Premier ministre et chef du gouvernement malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, est arrivé ce lundi 24 août 2026 à Alger pour une visite de travail effectuée à l’invitation de son homologue algérien, Sifi Ghrieb. Cette visite de travail intervient dans un contexte régional particulièrement sensible, marqué par la relance récente du dialogue entre Bamako et Alger.
À son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene, le chef du gouvernement malien a été accueilli par Sifi Ghrieb Premier Ministre de la république d’Algérie, en présence du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, ainsi que du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal. Après les honneurs militaires, les deux responsables se sont retrouvés au salon d’honneur pour un premier échange.

Aussitôt après son arrivée dans la capitale algérienne, le Général de Division Abdoulaye Maïga s’est rendu au Sanctuaire du Martyr, où il a déposé une gerbe de fleurs devant le monument dédié aux martyrs de la Révolution algérienne, avant d’observer une minute de silence à la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance de l’Algérie. Ce geste protocolaire a précédé l’entame du programme officiel de cette visite de travail, la première du genre depuis le début, en 2023, de la crise diplomatique entre les deux pays.
Porteur d’un message du président de la Transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, à l’attention de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, Abdoulaye Maïga a été reçu en audience par le chef de l’État algérien en début d’après-midi. Selon un communiqué de la Présidence de la République, cette audience s’est déroulée en présence du ministre d’État chargé de l’inspection générale des services de l’État et des Collectivités locales, du ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, du conseiller à la présidence chargé des Affaires diplomatiques, Amar Abba, du Directeur général de la Documentation et de la Sécurité extérieure, le Général Rochdi Moussaoui, ainsi que de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, Kamel Retib. Le Premier ministre malien a par ailleurs transmis l’accord du président Assimi Goïta pour effectuer, à son tour, une visite officielle en Algérie.

À l’issue de cette audience, Abdoulaye Maïga a affirmé que le Mali et l’Algérie sont condamnés à cheminer ensemble, au bénéfice de la prospérité des deux peuples.
Cette visite de travail s’inscrit, selon un communiqué du Premier ministre algérien, dans une nouvelle dynamique visant à renforcer les liens de coopération et les relations historiques entre les deux pays, sur la base des principes de fraternité, de bon voisinage et de respect mutuel. Alger et Bamako ont en effet traversé, depuis 2023, une longue période de brouille diplomatique, marquée par des accusations réciproques puis par la fermeture de leurs espaces aériens et de leurs frontières, à la suite de la destruction par l’armée algérienne d’un drone malien à Tinzaouatine en mars 2025.
Un processus de dégel a été engagé en juillet dernier, avec la réouverture des espaces aériens et le retour des ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs. Pour Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, cette visite de travail confirme que le dégel semble bien avancé entre les deux capitales.

Pour Alger, le Mali demeure un partenaire majeur dans l’espace sahélo-saharien, la stabilité du pays et, plus largement, celle de la région du Sahel constituant des enjeux directs pour la sécurité algérienne. Les prochains échanges entre les deux gouvernements devraient permettre de préciser les contours de cette relance diplomatique, notamment sur les dossiers sécuritaires et économiques communs aux deux nations.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.
