Tensions post-électorales : Niamey retrouve un calme précaire après 3 jours de violentes manifestations

Trois (3) jours après tous les troubles qui ont secoué les quartiers de la capitale nigérienne du 23 au 26 février 2021, suite la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle par la commission électorale nationale indépendante (CENI), les niaméyens retrouvent enfin une atmosphère respirable. Le candidat du RDR Tchanji, Mahamane Ousmane s’est également prononcé sur cette situation et a exigé la libération des centaines d’interpellés depuis le début de ces violences.

En se promenant sur les goudrons, on peut constater dans presque tous les quartiers périphériques de Niamey, les traces de pneus brulés, des bâtiments vandalisés, des plaques publicitaires cassées et d’autres infrastructures endommagées dont « la peau des fesses » à l’Etat. Ces empreintes témoignent bien des évènements qui se sont déroulés avant le calme qui prévaut en ce lundi 1er mars.

Les dégâts ne se sont pas limités seulement aux matériels, deux personnes y ont perdu vie, la peur et l’insécurité règnent aussi dans l’esprit des niaméyens. Ce qui démontre à quel point est bouleversée la quiétude sociale dans la capitale.

Dans ce climat asphyxiant d’effroi qui se fait sentir sur la ville, nombreuses personnes contactent d’abord leurs amis ou proches pour s’informer sur les zones à risque avant de sortir. Même après que la température se soit refroidie, certains nigériens continuent de croire que ces troubles se poursuivront. « Je suis encore inquiet. J’essaie de rester informé. On ne sait jamais. Vu la manière dont ça avait commencé, je pense que ce n’est qu’un avant-gout de ce qui se passera si jamais la cour constitutionnelle venait à valider les résultats de la CENI » estime un témoin se trouvant dans un hôtel de la place afin de bénéficier du WIFI en attendant que la ville accède de nouveau à internet.

Par ailleurs, suite à la reddition de l’opposant Hama Amadou depuis le vendredi 26 février 2021 et à l’arrestation d’environ 500 personnes qui ont un lien avec les violences perpétrées, le candidat du RDR Tchanji, Mahamane Ousmane s’est prononcé le samedi 27 février depuis son fief de Zinder. Après avoir contesté les résultats de la CENI dont il est crédité 44,25 % de voix et son challenger Mohamed Bazoum de 55,75 % de voix, Mahamane Ousmane a aussi exigé la libération des individus arrêtés. « Nous exigeons la libération de tous les détenus sans délai, l’arrêt du harcèlement et les menaces de militants. Il ne faut pas que ces élections soient prises comme prétexte pour régler des comptes antérieurs », déclare-t-il tout en illustrant le cas de Hama Amadou, « quelle faute a-t-il pu commettre ? aucune, à mon humble avis ». « J’interpelle la communauté internationale sur la situation que j’estime gérable pourvu, que le suffrage exprimé par les citoyens puisse être reflété par les résultats », a conclu Mahamane Ousmane.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*