Tchad : le Maréchal Idriss Déby réélu pour un 6ième mandat est mort au combat

Le président du Tchad, Idriss Déby, à la tête du pays depuis 30 ans, est décédé de suite des blessures lors des combats avec les rebelles du Front.  Selon la déclaration de l’armée tchadienne, lue par un des généraux à la télévision nationale en fin de matinée de ce 20 avril 2021, le Marechal aurait été touché lors des combats avec les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Dans la foulée, c’est son fils Mahamat Déby Itno dirigeant du conseil militaire qui remplace son défunt père à la tête du pays.

Idriss Déby, né le 18 juin 1952 à Berdoba, était à la tête du Tchad depuis 1990. Il accéda au pouvoir le 2 décembre 1990, avec l’appui de la France où il chassa du pouvoir Hissène Habré et le remplace le 4 décembre avec le titre de président du Conseil d’État.

Il est ensuite désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991 après l’adoption de la Charte nationale. Il remporte les élections présidentielles de 1996, 2001, 2006, 2011 et 2016. Le 30 janvier de la même année, il est élu président de l’Union africaine pour un mandat d’un an.

 Il est l’un des plus anciens dirigeants en place dans le monde avec un peu plus de 30 années de longévité au pouvoir.

Le Maréchal meurt au combat

« C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien, le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad (…). Idriss Déby Itno vient de donner son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », poursuit la déclaration des autorités.

Selon les dernières informations, Idriss Déby serait blessé lors des combats face à la rébellion du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT),qui venait du nord du pays. Après six mandats, son pouvoir a toujours été contesté en raison de son régime autoritaire. Ce n’est pas la première révolte qu’Idriss Déby a affronté. D’autres rebellions avaient été neutralisées de par le passé.

La publication des résultats des dernières élections auxquelles Déby était arrivé largement en tête est intervenue dans un contexte marqué par la reprise des hostilités entre l’armée et les rebelles du FACT.

Selon le politologue Evariste Ngarlem Toldé, l’incursion rebelle a sans doute précipité la publication des résultats provisoires de la présidentielle du 11 Avril, attendu pour le mardi 27 avril prochain. « La situation politique et militaire aurait joué un rôle dans cette proclamation des résultats. Beaucoup avaient parlé de transition, beaucoup ont appelé au dialogue et il faudrait que ce résultat soit proclamé pour que le Chef de l’Etat ait au moins les mains libres pour engager des négociations, le dialogue avec l’opposition en position de force en tant que président réélu », a-t-il  expliqué.

Pour l’heure, les conditions réelles de la mort de l’homme fort du Tchad reste méconnues du grand public.

Le gouvernement tchadien qui a déployé ce lundi 19 avril, des chars de combat et des blindés dans certains axes stratégiques de la capitale, redoutait de possibles manifestations contre les résultats de la présidentielle.  

Le mouvement de ces engins de guerre a créé une panique générale dans la ville ayant entraînée la fermeture des écoles, magasins et autres espaces publics.

Une panique qui s’est transformée en mécontentement auprès de l’opposition après l’annonce des résultats de la présidentielle.

Notons que la Commission électorale nationale indépendante avait enregistré un taux de participation de 64,81 % à la présidentielle du 11 avril au cours de laquelle le défunt Idriss Itno Déby venait d’être réélu avec 79,32 % des voix.

Une victoire contestée par l’opposition qui estime que « le régime Déby est un régime militaire, un régime autoritaire. »

Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.

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