« Près de 3 millions de personnes dont plus de la moitié sont des enfants, au Niger, ont besoin d’une aide humanitaire, face aux risques posés par l’insécurité, la malnutrition, les épidémies récurrentes, les inondations cycliques, les sécheresses et les déplacements », indique le Fonds international des Nations unies pour l’enfance (Unicef) à Niamey et rapporté par l’AFP.
C’était lors d’une importante mission dans la Région de Diffa conduite par la représentante de l’Unicef Mme Félicité Tchibindat, les 17 et 18 février 2020 en compagnie du ministre de l’Action humanitaire, M. Laouan Magagi, et des autorités régionales. La mission a consisté à s’enquérir sur le terrain, de l’impact des interventions Nexus dans la région afin d’appuyer le plaidoyer national pour la conservation des acquis des réalisations.
Touché par une situation d’insécurité très meurtrière depuis 2015 dans la partie sud-Est du pays frontalière avec le Nigeria, la situation s’est empirée avec l’afflux des nouvelles incursions dans l’Ouest, zone des trois frontières entre Niger-Mali-Burkina Faso. Sans dénombrer les morts, cette année plusieurs personnes sont touchées par diverses crises humanitaires et ont besoin d’une assistance, ont alerté mardi les Nations unies.
Dans ces zones, « la situation sécuritaire est exacerbée, entraînant un afflux de milliers de réfugiés, de rapatriés, de déplacés internes et de migrants, tous ayant besoin d’accéder aux services sociaux de base et d’une protection pour leur survie », explique l’Unicef.
A Diffa (sud-est où sévit Boko Haram), les attaques contre des civils “ont empêché 263.000 personnes de rentrer chez elles” et dans les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest), 78.000 personnes ont été contraintes de se déplacer en raison de “l’insécurité croissante”, dit l’Unicef.
Selon les autorités locales de la région de Diffa, c’est plus de 40.000 réfugiés qui ont convergé vers la région, détaille l’agence onusienne.
La détérioration de la sécurité, dans plusieurs Etats fédérés du Nigeria, a engendré “le mouvement de dizaines de milliers de personnes, au total, le Niger abrite près de 450.000 réfugiés (Nigérians, Maliens et Burkinabé) et déplacés internes, chassés par les violences jihadistes ou des bandes armées, selon l’ONU qui s’inquiète du manque de fonds pour couvrir tous les besoins. Certains réfugiés et déplacés vivent au milieu d’une population déjà très pauvre.
“Dans les communautés d’accueil déjà fragiles, le fardeau des déplacements forcés augmente la vulnérabilité des ménages et les risques pour la santé, la protection, la nutrition et l’éducation des enfants”, a relevé Félicité Tchibindat, la représentante de l’Unicef au Niger, au terme d’une visite à Diffa.
Comme si cela ne suffisait pas, le lundi 17 février 2020, 20 femmes et fillettes sont mortes piétinées à Diffa lors d’une distribution de vivres nigérians aux réfugiés.
Danguida Almoustapha pour Niameyinfo.