Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour le budget 2026 est au centre d’un bras de fer au Sénégal. La commission des Finances de l’Assemblée nationale l’a rejeté le 23 octobre 2026. L’examen du texte a été reporté au mardi 27 octobre à 10 heures, selon un communiqué de l’Assemblée daté du 24 octobre.

Dimanche 25 octobre, le Premier Ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a défendu ce budget rectificatif. Il invoque une baisse des recettes de 340 milliards de FCFA et une hausse de 540 milliards de FCFA des dépenses incompressibles, liées surtout aux subventions à l’énergie et aux besoins de la défense et de la sécurité. Le texte réduit de 555 milliards les crédits d’investissement, qu’il présente comme des projets différés à l’année suivante. Lire aussi : Gabon : les réseaux sociaux de retour après 8 mois de coupure – Niameyinfo

Le Premier Ministre a averti que le rejet du budget rectificatif empêcherait les entreprises du BTP de rétablir leur trésorerie, de reprendre les chantiers à l’arrêt et de payer leurs fournisseurs. « Ne punissez pas le Peuple ! », a-t-il lancé aux députés.

Pastef-Les Patriotes, majoritaire à l’Assemblée, dit ne pas contester le principe d’un budget rectificatif. Le parti désapprouve les arbitrages, le financement et le manque de garanties et d’informations. Il demande de préserver les investissements et les priorités sociales (santé, éducation, eau, infrastructures), et des éclaircissements sur les 120 milliards de FCFA prévus pour le Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP). Il réclame aussi une baisse des coûts de fonctionnement de l’État. Le député Guy Marius Sagna affirme que ce blocage vise à éviter « la vassalisation » du Sénégal, alors que le pays négocie avec le FMI.

Cette confrontation fait suite à la rupture entre le Président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Révoqué le 22 mai 2026, ce dernier a été élu Président de l’Assemblée nationale le 26 mai. Le Pastef est resté à l’écart du nouvel exécutif.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.
