Niger: les risques sécuritaires liés au changement climatique au menu d’un débat du Conseil de Sécurité de l’ONU

Le Chef du Gouvernement, Birgi Rafini a participé le mardi 23 février 2021 dans l’après-midi, à un débat de haut niveau du Conseil de sécurité, présidé par le Secrétaire Général de l’ONU, M. Antonio Guterres, par délégation de pouvoir. Ce débat par visioconférence auquel ont pris pat plusieurs Chefs d’Etat africains et du reste du monde était accès sur le thème « Faire face aux risques liés au climat pour la paix internationale ».

Le changement climatique est devenu une question géopolitique pour tous les pays du monde. C’est dire que le leadership mondial sur le climat est plus que nécessaire pour maintenir la paix, la stabilité et la sécurité. Aujourd’hui, il apparait clairement que les conséquences du changement climatique constituent une menace planétaire. C’est pourquoi des efforts doivent être envisagés pour minimiser les effets néfastes du changement climatique. L’Afrique est malheureusement le continent qui paie le plus lourd tribut de l’émission de gaz à effet de serre des pays industrialisés. D’où l’urgence d’une action collective afin de relever les défis liés au changement climatique.

Au cours des échanges, plusieurs discours ont été prononcés. Le premier ministre chef du Gouvernement a lu celui du président de la République prévu. Dans l’allocution, Brigi Rafini a salué le Royaume Uni pour son engagement à maintenir la question des risques sécuritaires liés au changement climatique sur l’agenda du Conseil.

« Comme l’ont si bien rappelé le Secrétaire Général et les autres intervenants, l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité, est de plus en plus évident. Il est aujourd’hui indéniable que les phénomènes climatiques inversent la trajectoire de développement, à travers plusieurs régions du monde, amplifiant des crises humanitaires et sécuritaires », a-t-il souligné.

Selon une récente étude de la Banque mondiale, «la raréfaction en eau exacerbée par le changement climatique, pourrait affecter les économies et conduire certaines régions du monde, telle que le Sahel, à enregistrer un recul du PIB de l’ordre de 6%, provoquer des migrations massives des populations et générer des conflits ». Le changement climatique pourrait augmenter la faim et la malnutrition de 20% d’ici 2050 et accroître la pauvreté, en particulier pour les 2,5 milliards de petits producteurs, dont les moyens de subsistance dépendent du climat et de son impact sur leurs conditions de production.

« Au Sahel, creuset de cette réalité, le changement climatique a intensifié la compétition autour des ressources foncières, fourragères et hydriques déjà en baisse, ce qui a attisé les tensions entre éleveurs et agriculteurs et entravé les efforts de consolidation de la paix et de développement dans la région », poursuit le 1er ministre avant de souligner la nécessité d’une considération commune du changement climatique, « tout comme nous l’avons fait pour la pandémie de la COVID-19, nous nous devons de considérer le changement climatique comme une menace à la paix et à la sécurité, et cela ne doit pas être source de division ».

Le président de la République, Chef de l’Etat Issoufou Mahamadou a dans son allocution lue par le Premier Ministre invité chaque Pays, partie à la Convention des Nations Unies sur les changements Climatiques, au nom de la Commission Climat pour la Région du Sahel, à jouer pleinement sa partition dans ses rôles et responsabilités, afin de réussir ensemble à inverser la trajectoire du changement climatique.

Il a enfin noté que le chemin qui reste à parcourir est encore très long ; et les conséquences de l’inaction climatique encore plus désastreuses pour les générations actuelles et futures : Nous devons avancer les yeux ouverts et tous ensemble.

Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.

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