Le Niger accueille, du 5 au 7 octobre 2026, la 10ème édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Entreprise Innovante (SAIIT 2026). Organisée conjointement par le Gouvernement nigérien et l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), cette manifestation ambitionne de transformer les innovations du continent en véritables leviers de souveraineté économique.

Lors de la cérémonie officielle d’ouverture, le Ministre des Transports et de l’Aviation Civile Abdourahamane Amadou, représentant le Premier Ministre, a plaidé pour un changement de paradigme dans le financement des innovation africaines. Il a soutenu que « la propriété intellectuelle est un bouclier de souveraineté et un levier direct de création de richesse nationale », appelant le secteur bancaire africain à reconnaître les brevets et innovations comme des actifs économiques valorisables. Lire aussi : Le Niger célèbre la Journée Mondiale des Enseignants – Niameyinfo
Le Ministre a dénoncé le fossé entre institutions financières et économie de la connaissance : « Nos banques ont trop souvent exigé des garanties matérielles classiques en ignorant la valeur des actifs immatériels ». Il a annoncé que le Niger renforcerait son Fonds d’Appui à la Recherche Scientifique et à l’Innovation Technologique (FARSIT) et mobiliserait la commande publique au service des solutions locales.

Le Ministre du Commerce et de l’Industrie Abdoulaye Seydou a inscrit le salon de l’innovation dans la vision de souveraineté économique du Programme pour la Refondation de la République (PRR 2025-2029). « L’industrialisation moderne se bâtit par l’appropriation technologique, la protection de la création immatérielle et la transformation de la recherche en production industrielle », a-t-il affirmé, appelant à la fin du modèle extractif où l’Afrique exporte brutes matières premières et importe technologies.

Le Directeur Général de l’OAPI Loukou Denis Bohoussou a souligné que : « Les innovateurs africains ne manquent ni d’idées ni de créativité. Leur véritable frein : l’absence de financement et l’incapacité à transformer innovations en actifs économiques ».
Un défi que le Niger entend relever, transformant Niamey en capitale du changement pour que les inventions africaines ne finissent plus « dans des tiroirs », mais en usines, emplois et produits du continent.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.



