La Coalition citoyenne pour le Sahel appelle à repenser la lutte contre le terrorisme

La Coalition citoyenne pour le Sahel a présenté mardi 13 avril son premier rapport, « Sahel, ce qui doit changer ». Objectif : faire un état des lieux de l’échec de la politique antiterroriste menée depuis maintenant huit ans et remettre la protection des civils au cœur de la stratégie.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au Sahel, entre 2017 et 2020, les attaques contre les civils ont été multipliées par cinq. Plus de 2 400 personnes ont été tuées dans des attaques menées par des groupes armés et dans des opérations antiterroristes en 2020. Au Mali, l’année dernière, les opérations militaires antiterroristes ont tué plus de civils que les groupes jihadistes.

Pourtant, l’investissement dans la lutte contre le terrorisme atteint aujourd’hui 2 milliards d’euros par an. C’est quatre fois plus que les montants alloués à l’aide humanitaire dans la région ces quatre dernières années.

Face à cette situation, il est urgent de changer de cap. La Coalition citoyenne pour le Sahel, qui regroupe une cinquantaine d’organisations de la société civile, de défense des droits de l’homme, des think tanks ou encore des organismes humanitaires, fait quatre grandes recommandations pour cela.

D’abord, elle préconise de replacer la protection des civils au cœur de la réponse à la crise. Ensuite, elle recommande de résoudre la crise de gouvernance dans les pays sahéliens, notamment en favorisant le dialogue, y compris avec les groupes armés. Son troisième conseil : répondre aux urgences humanitaires, alors que 15 millions de personnes ont besoin d’assistance. Enfin, la Coalition insiste pour lutter contre l’impunité, car malgré des enquêtes, aucune procédure judiciaire n’a pour l’heure été engagée pour punir des coupables d’exactions contre des civils.

 Il va falloir mettre en place un système de tolérance zéro contre toute personne qui se rendrait coupable d’exaction. Nous n’avons pas encore enregistré de cas de sanction contre des personnes coupables d’exactions à l’endroit des populations civiles. (…) Malheureusement, il manque une volonté politique. »

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