Le Général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de Terre, a été investi ce jeudi 27 novembre 2025 à Bissau ¨Président de la transition et dirigeant du Haut commandement militaire, au lendemain du coup d’État qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló. La nomination a été annoncée lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’état-major, placé sous haute sécurité, où des dizaines de soldats lourdement armés étaient déployés.
L’armée affirme que cette transition ne devrait pas dépasser un an. Elle a également annoncé la réouverture immédiate des frontières, fermées dans les premières heures du coup d’État. Pour les militaires, cette prise de pouvoir s’inscrit dans une volonté de « rétablir la sécurité nationale », alors que le général Dinis N’Tchama, jusque-là figure publique du mouvement, évoquait un « plan de déstabilisation » impliquant des acteurs politiques et des réseaux criminels.
Le coup d’État est intervenu en pleine séquence électorale, à quelques heures de la proclamation des résultats de la présidentielle du 23 novembre dernier. Le Président Embaló, le chef d’état-major général et le ministre de l’Intérieur ont été arrêtés, interrompant le processus.
Par ailleurs la réaction internationale a été immédiate. En effet la Cédéao, suivie par l’Union africaine et le Nigeria, a condamné « sans équivoque » une rupture de l’ordre constitutionnel et exigé la libération du Président renversé. Les institutions régionales rappellent leur principe de « tolérance zéro » face aux prises de pouvoir militaires et menacent de sanctions si l’ordre constitutionnel n’est pas rapidement rétabli.
Ce nouveau coup d’État s’ajoute à une série de crises politiques qui rythment la vie de la Guinée-Bissau depuis son indépendance en 1974. Malgré le déroulement jugé pacifique du scrutin du 23 novembre par les observateurs internationaux, le pays replonge dans une instabilité chronique dont l’issue reste pour l’heure incertaine.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.

