C’est fréquent depuis quelques années et l’année 2019, n’aura pas dérogé à la règle. Des milliers de migrants d’Afrique subsaharienne dont la majorité, originaires du Niger, ont été expulsés par les autorités algériennes. Direction le Nord du Niger où ils sont convoyés par bus. Des rapatriements dont la dernière en date ce mercredi 15 janvier, reposent sur un accord signé entre Alger et Niamey depuis 2014.
C’est connu, à l’instar du Niger qui est un pays de transit, l’Algérie est un point de passage pour des milliers de jeunes migrants africains désireux de rallier l’Europe. Certains dans l’attente de finaliser leurs négociations avec les passeurs ou qui ont tout simplement échoué dans leur périple, s’y installent et intègrent des réseaux de mendicité. Ceci, au grand dam des autorités algériennes qui considèrent ces réseaux comme des réseaux criminels et mènent une lutte implacable contre le phénomène.
Le 13 janvier dernier encore, une circulaire émanant du Ministère algérien des Affaires Etrangères et transmise aux responsables locaux des 30 régions du pays, expliquait une opération d’expulsion de migrants subsahariens vers la frontière avec le Niger. Ce type de rapatriement est quasi mensuel et ce sont chaque fois des centaines de personnes qui sont arrêtées et déposées sur le sol nigérien. A ce jeu, ce sont des ressortissants nigériens qui sont les plus concernés. En témoignent des chiffres publiés par l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) et qui portent sur l’année 2019. Pas moins de 11000 personnes ont été expulsées d’Algérie vers le nord du Niger. Parmi elles, seulement 358 n’étaient pas de nationalité nigérienne et étaient donc originaires d’autres pays africains.
Il faut toutefois noter que ces opérations menées par Alger, le sont, en accord avec les autorités de Niamey. Un accord signé entre les deux pays en 2014, autorise la partie algérienne, à retourner tout ressortissant nigérien soupçonné de mendicité à la frontière.
Quelques kilomètres plus loin, du côté de la Libye, rien que pour ces deux premières semaines de l’année 2020, près d’un millier de migrants d’Afrique Subsaharienne ont été interceptés sur les côtes libyennes et 23 corps ont été repêchés. Selon, l’OIM, on note en cette période, un regain du nombre de candidats au départ et dans le même temps, des milliers de candidats à un retour volontaire sont bloqués en Libye en raison de la situation sécuritaire.
Waliyullah Tajudeen pour Niameyinfo.