Une semaine après la rentrée scolaire pour ce qui concerne les sections primaire et secondaire, les enseignants nigériens sont à nouveau sur le pied de guerre. La Fédération Unitaire des Syndicats de l’Education du Niger (FUSEN), réunie en ce dimanche 06 Octobre 2019 à l’effet d’examiner la situation sociopolitique et professionnelle, a rendue publique une déclaration pour informer l’opinion publique sur les conditions d’existence et de travail pénibles des enseignants et sur les risques d’une année académique mouvementée.
Ce dimanche, les premières pensées des enseignants sont allées aux soldats nigériens engagés dans la lutte contre le terrorisme sur et en dehors du territoire national. La FUSEN tout en condamnant les exactions des groupes terroristes dans la région du Sahel, apporte son soutien aux forces de défense et de sécurité (FDS) qui luttent inlassablement contre ces forces du mal, ainsi qu’aux enseignants qui servent dans ces zones d’insécurités souvent au péril de leurs vies. Des condoléances ont été adressés aux familles éplorées ainsi qu’à toute la nation.
Pour ce qui est de la situation socioprofessionnelle, les enseignants ont dressé une situation peu reluisante dans l’extrait de leur déclaration qui suit :
« Le 18 février 2018, la fédération unitaire des syndicats de l’éducation du Niger, (FUSEN) et le gouvernement signaient le relevé conclusion pour la mise en œuvre des accords du 13 décembre 2016, un autre engagement solennel du gouvernement. Aujourd’hui, si l’attribution des matricules et le traitement pécuniaire sont effectifs, la mise en solde des camarades recrutés au MEP et au MES titube encore. La FUSEN dénote avec amertume que le processus de la modification du décret portant recrutement des contractuels à la fonction publique est resté sans suite.
Les reformes amplifiées, sans évaluation dans le système éducatif et les exactions des responsables administratifs ont sapé le moral des enseignants. Comme si cela ne suffisait pas la carrière des enseignants est fortement compromises aujourd’hui avec la suspension délibérée par le gouvernement, des avancements aux grade (choix) dont la dernière remonte à 2015 c’est-à-dire il y’a 5 ans. Les avancements automatiques sortent à compte-goutte et il faut attendre plusieurs mois pour voir leur régularisation au ministère des finances.
L’espoir suscité par le paiement des pécules à Niger-poste s’est vite estompé avec les différentes humiliations que subissent les enseignants de la part de cette institution. Sur ce point, nous condamnons le fait accompli devant lequel cette institution a mis les enseignants au sujet d’épargne et déconseillons Niger poste à maintenir l’opération.
Le transfert de compétences aux collectivités est en train de remettre en causes l’affection des enseignants contractuels pourtant acquise de hautes luttes. Les conditions de vie et de travail des enseignants ne font que se dégrader du jour au lendemain.
La FUSEN déplore le traitement à la limite dégradant que subit le corps enseignant et qui sape sérieusement leur moral, compromettant ainsi la qualité tant prônée par le gouvernement. La FUSEN prend note du lancement en grande pompe et unilatéral par les ministères en charge de la l’éducation de la rentrée scolaire 2019-2020 pourtant timide sur le terrain.
Au vu de tout ce qui précède et pour créer les conditions d’une année scolaire 2019-2020 apaisée, la FUSEN exige du gouvernement :
- La sortie du choix 2016 et la régularisation sans délai des avancements au choix des années 2017-2018 et 2019
- Le paiement à terme échu des pécules des enseignants contractuels
- Le règlement définitif de tous les problèmes liés aux conditions de paiement des pécules à Niger poste et la liberté des enseignants à aller dans l’institution financière de leur choix. En outre, nous exigeons l’annulation de toutes les épargnes à tort effectuées sur les salaires des enseignants.
- Le parachèvement de la mise en solde de tous les enseignants régulièrement nommés à la fonction publique bloqué depuis 2014
- Le paiement des rappels et incidences financières des enseignants
Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, la coordination nationale de la FUSEN réitère sa détermination à défendre vaille que vaille les points ci-dessus évoqués. »
Que le gouvernement se le tienne donc pour dire, il y aura du répondant en face cette année.
Almoustapha Danguida pour Niameyinfo.