L’année académique 2018-2019 ne va déroger à la règle. Les mouvements d’humeur ont repris droit de citer dans les universités publiques du Niger. Le Syndicat National des Enseignants chercheurs du Supérieur (SNECS) a renoué depuis le 20 février dernier avec une nouvelle grève qui est reconduite ce lundi pour 72 heures.
C’est désormais une habitude au Niger, que les années académiques ne se déroulent pas normalement. Avec en toile de fond, les revendications pour l’amélioration des conditions d’études et de travail des élèves, des étudiants ou encore des enseignants. Cette fois-ci, ce sont les enseignants chercheurs qui sont montés au créneau après l’expiation d’un préavis de grève déposé le 20 février passé
En effet, le SNECS qui vient de reconduire son mot d’ordre de grève de 72 heures pour les journées du lundi 04 au mercredi 06 mars 2019, exigeait du Gouvernement la poursuite du processus électoral pour le choix du Recteur et du Vice-Recteur de l’Université Dan-diko Dan-Koulodo de Maradi interrompu par le Ministère de tutelle. Le syndicat appelle également au règlement des arriérés de tous les droits statutaires en souffrance dans les universités publiques du Niger.
Seulement, à la veille de ce nouveau mot d’ordre de grève du SNECS, le Gouvernement, comme pour couper court au bras de fer qui l’oppose aux enseignants chercheurs, a purement décider de rompre avec l’ancienne méthode de désignation des Recteurs et Vice-Recteur. Il a procédé à l’adoption en conseil des Ministres du vendredi 1er Mars, d’un projet de loi modifiant l’ordonnance n°2010-77, portant régime général des établissements publics à caractère scientifique, culturel et technique, qui consacre l’élection des Recteurs et vice Recteurs comme mode de gouvernance des Universités publiques du Niger.
Cette loi, confère désormais au Gouvernement, la latitude de nommer les Recteurs et vice Recteurs par décret pris en conseil des Ministres sur proposition du Ministre de tutelle, en lieu et place de leur élection par les trois composantes des Universités, à savoir les Enseignants chercheurs, le personnel administratif et Technique et les Étudiants.
La passe d’armes entre les Enseignants Chercheurs et le Gouvernement, qui se complique d’avantage, risquerait de replonger les universités publiques dans un retard académique certain. Et pendant que l’on se crêpe le chignon au sommet, ce sont les pauvres étudiants qui en paient le prix fort.
Ibrahim.L.M. pour Niameyinfo.