Le nouveau Code pénal du Niger consacre quatre articles à l’adultère (articles 398 à 401). Il y a adultère lorsqu’une personne mariée a des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre que son conjoint. La règle vise tous les époux, mais les hommes mariés sont directement concernés.

Selon l’article 399, l’adultère est puni de six mois à un an de prison. Le coupable peut aussi être condamné à une amende de 100 000 à 1 million de francs CFA. Lire aussi : CAN U17 : le Niger bat le Burkina Faso (1-0) et file en finale – Niameyinfo
Les poursuites ne peuvent être engagées que sur plainte de l’époux offensé (article 400). Si celui-ci retire sa plainte ou se désiste, la poursuite s’arrête. Son pardon met aussi fin aux effets de la condamnation.

La preuve de l’adultère est encadrée par l’article 401. Elle peut résulter d’un aveu judiciaire, d’un flagrant délit ou d’un constat d’huissier. Elle peut aussi venir de lettres, de correspondances, de messages, de vidéos, de dessins, d’images ou de tout autre document écrit émanant de la personne visée. Des messages ou des photos échangés peuvent donc être utilisés comme preuves.
Dans un éditorial publié le 22 octobre 2026 dans L’Enquêteur, Soumana Idrissa Maïga estime que l’État « s’invite » dans l’intimité des couples. Il dénonce une « judiciarisation du soupçon » : avec l’article 401, un message équivoque ou une capture d’écran pourrait suffire à lancer une procédure. Il juge aussi que l’article 400 donne au conjoint un pouvoir considérable, qui pourrait ouvrir la porte au chantage ou aux pressions familiales.
L’éditorialiste reconnaît que protéger la famille est une noble ambition. Mais pour lui, la morale ne se décrète pas au pénal, et le risque est de « vider les foyers pour remplir les prisons ».
En résumé, l’adultère est puni de prison et d’amende. Les poursuites ne peuvent toutefois être engagées que sur plainte de l’époux offensé, qui peut la retirer ou pardonner.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.


