Selon un communiqué publié le mardi 23 février 2021 et relatif à la septième (7ème) édition du rapport de la banque mondiale sur « Women, Business and Law 2021 », en français : « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit », en Afrique subsaharienne comme dans d’autres régions du monde, les femmes continuent de se heurter à de multiples obstacles juridiques, qui, en limitant leur accès au crédit ou leur capacité à contrôler les biens matrimoniaux, les empêchent de trouver un emploi ou de diriger une entreprise. Le Niger parmi les pays africains, occupe la 40ème place et la 158ème place à travers le monde, ce qui le met en zone rouge avec 59,4 points sur 100. A cette situation s’ajoutent aujourd’hui les impacts de la pandémie de COVID-19 qui a engendré de nouveaux défis pour la santé, la sûreté et la sécurité économique des femmes à travers le monde, selon le rapport de l’institution mondiale.
L’un des constats de ce rapport de la banque mondiale, qui paraît tous les deux ans et qui couvre 190 économies est que les réformes visant à supprimer les obstacles à l’inclusion économique des femmes ont été lentes dans de nombreuses régions et inégales au sein de celles-ci. On note selon l’étude qu’en moyenne, les femmes ne jouissent que des trois quarts des droits qui sont reconnus aux hommes. Aussi il faut que l’impact socioéconomique de la pandémie de COVID-19 accentue les inégalités entre les sexes. « Les femmes étaient déjà défavorisées avant la pandémie, et les initiatives gouvernementales visant à atténuer certains des effets de la crise, bien qu’innovantes, ont été limitées dans de nombreux pays » souligne le rapport.
Pour le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, « les femmes doivent être pleinement incluses au sein des économies afin d’obtenir de meilleurs résultats en matière de développement » a-t-il déclaré tout en regrettant que, « malgré les progrès réalisés dans de nombreux pays, dans quelques autres nous avons constaté des reculs troublants, notamment des mesures limitant les déplacements des femmes sans l’autorisation d’un tuteur masculin. La pandémie a exacerbé les inégalités existantes qui désavantagent les filles et les femmes, en particulier sous la forme d’obstacles à la scolarisation et au maintien de l’emploi. Les femmes sont également confrontées à une augmentation de la violence domestique ainsi qu’à des défis en matière de santé et de sécurité. Les femmes devraient avoir le même accès au financement et les mêmes droits à l’héritage que les hommes et doivent être au centre de nos efforts visant à favoriser une reprise inclusive et résiliente après la pandémie de covid-19 ».
Notons que, le rapport « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2021 » évalue les lois et réglementations dans 8 domaines qui affectent les opportunités économiques des femmes dans 190 pays, couvrant la période de septembre 2019 à octobre 2020. Qu’il s’agisse de la mobilité ou des défis que représentent le travail, la parentalité et la retraite pour les femmes, les données offrent des repères objectifs et mesurables permettant d’évaluer les progrès mondiaux en matière d’égalité entre les sexes. Suite à la survenue de la pandémie, ce rapport examine également les réponses des gouvernements à la crise de la COVID-19 et la manière dont la pandémie a affecté les femmes au travail et à la maison, en mettant l’accent sur la garde des enfants, l’accès à la justice, ainsi que la santé et la sécurité.
Aussi on relève selon le rapport que plusieurs économies d’Afrique subsaharienne ont accompli des progrès remarquables dans l’adoption de lois en faveur de l’égalité entre les sexes, même s’il reste des défis considérables à relever. « Les progrès accomplis en Afrique subsaharienne sont encourageants. Malgré les innombrables défis auxquels la région fait face, nombre de gouvernements tentent d’abroger des lois, souvent héritées de l’époque coloniale, qui discriminent les femmes. Nous pensons qu’en changeant la législation, on peut changer le monde, et nous espérons que la participation économique des femmes va encore s’améliorer en Afrique subsaharienne », indique Sarah Iqbal, responsable du projet Les Femmes, l’Entreprise et le Droit.
Pour le cas du Niger, rappelons que dans le cadre de son programme genre, le gouvernement de la 7ème république a aussi entrepris diverses initiatives dont la création d’un ministère spécifiquement chargé de la promotion des femmes et de la protection des enfants et l’adoption et la mise en œuvre de plusieurs lois et décrets genres sensibles. S’y ajoutent l’adhésion du Niger aux conventions africaines et internationales de la protection de la femme et de l’enfant et garantissant leur droit ; l’adoption de la loi réprimant les auteurs et les complices de la pratique des Mutilations Génitales féminines, l’adoption de la loi instituant un quota minimum dans les nominations et les représentations parlementaires, régionales et municipales, la loi d’orientation du système éducatif national.
A l’occasion du 8 mars 2021, journée internationale des droits des femmes, le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant par intérim, Mohamed Boucha, a livré, un message dans lequel il a fait savoir que dans le contexte de la covid-19, son organisme s’est assigné d’un Programme National pour la Promotion du Leadership Féminin au Niger.
Quant à Mari Pangestu, directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats, « s’il est encourageant de constater que beaucoup de pays ont pris des mesures proactives pour aider les femmes à traverser la pandémie, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire, notamment du point de vue de l’amélioration du congé parental et de l’égalité salariale ». « Les pays ont besoin de créer un environnement juridique qui renforce l’inclusion économique des femmes, de façon à ce qu’elles puissent faire les meilleurs choix pour elles-mêmes et pour leur famille » ajoute-t-elle.
Selon le classement africain des meilleurs pays promoteurs des droits des femmes, le Niger se situe à la 40ème place avec un score de 59,4. Il se retrouve derrière ses voisins le Mali (60,6 pts), le Nigeria (63,1pts), le Tchad (66,3pts), le Burkina Faso (79,4pts). Mais le pays de Seyni Kountché se retrouve devant la Mauritanie (48,1pts), la Guinée-Bissau (42,5), et le Soudan (26,4).
Parmi les pays africains, seul l’ile Maurice a obtenu 91,9 points, ce qui le donne donc le titre de « champion ». Par contre le soudan se classe à la 48ème place avec 26,4 points.
Chaque économie obtient un score chacun des sept indicateurs couverts par le rapport : accès aux institutions, jouissance de la propriété, obtention d’un emploi, incitations au travail des femmes, accès à la justice, accès au crédit et protection des femmes contre la violence.
Malgré la pandémie, 27 économies de toutes les régions et catégories de revenu ont promulgué des réformes dans tous les domaines et ont augmenté le nombre de bonnes pratiques en matière de législation dans 45 cas au cours de l’année couverte par le rapport. La majorité des réformes introduisait ou modifiait des lois affectant la rémunération et la parentalité.
Enfin, l’étude préconise que « pour arriver à l’égalité juridique entre les sexes, il faut un effort commun des pouvoirs publics, de la société civile et des organisations internationales, entre autres. Toutefois, les réformes juridiques et réglementaires peuvent servir de catalyseur important pour améliorer la vie des femmes ainsi que celle de leur famille et de leur communauté ».
Akiné Fatouma pour niameyinfo.