Le mercredi 17 février 2021, le Centre Culturel Oumarou Ganda (CCOG) de Niamey a servi de cadre pour une conférence-débat sur le tabagisme et la covid-19. Cette rencontre organisée par le ministère de la Santé publique avec le Centre pour la lutte contre le tabac en Afrique (CLATA), a pour objectif d’édifier le public sur les conséquences du tabagisme et ses implications dans le contexte mondial marqué par la pandémie du Covid-19 et par la même occasion, poursuivre la sensibilisation anti-tabac. A été enregistrée la participation des cadres du ministère de la Santé publique, des spécialistes en santé, des représentants des associations de la société civile et des structures des jeunes.
Dans le discours d’ouverture, le Directeur par intérim de l’hygiène publique et de l’Education pour la santé, Dr Bawa Dan Jimo a rappelé dans le contexte de la pandémie actuelle que « tout comme la pandémie du Covid-19 qui continue de sévir dans le monde, le tabagisme est aussi une véritable pandémie avec plus d’un milliard de fumeurs et près de 6 millions de morts par an dans le monde ».
Tout en rappelant les conséquences nombreuses nuisibles liées au tabagisme, telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires ainsi que les cancers, le Dr Dan Jimo a souligné que « le tabagisme constitue un facteur aggravant pour les patients atteints de Covid-19. Cette dernière cause en effet des comorbidités pour les fumeurs, cela complique leur prise en charge surtout pour ceux qui souffrent des maladies respiratoires, une autre conséquence néfaste du tabagisme ».
Bien qu’aucune étude ayant fait l’objet d’un examen par des pairs n’avait évalué le risque d’infection par lA Covid-19 associé au tabagisme, pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « les consommateurs de tabac (cigarettes, pipes à eau, bidis, cigares, produits du tabac chauffés) sont sans doute plus vulnérables face à la COVID-19 car lorsque l’on fume, les doigts (et potentiellement les cigarettes contaminées) sont en contact avec les lèvres, ce qui augmente la possibilité de transmission du virus de la main à la bouche. La consommation de produits du tabac tels que la pipe à eau, également appelée Chicha ou narguilé, nécessitent souvent le partage des embouts et des tuyaux, facilitant ainsi la transmission de la Covid-19 dans les milieux communautaires et sociaux » mais aussi et surtout « la consommation de tout type de tabac réduit la capacité pulmonaire et augmente le risque de contracter de nombreuses infections respiratoires et peut accroître la gravité des maladies respiratoires. La Covid-19 est une maladie infectieuse qui s’attaque principalement aux poumons. Le tabagisme altère la fonction pulmonaire et de ce fait, l’organisme a plus de mal à lutter contre les coronavirus ou d’autres maladies respiratoires ».
C’est au regard de cela que le Directeur par intérim de l’Hygiène publique et de l’Education pour la santé, a insisté sur le fait que « la lutte contre le tabagisme est une cause noble ». Il a aussi rappelé que comme « il est stipulé dans la Convention cadre anti-tabac (CCLAT) de l’OMS de 2003, la stratégie anti-tabac passe avant tout par la sensibilisation à l’endroit des fumeurs pour qu’ils arrêtent et à ceux qui sont tentés pour qu’ils ne sombrent pas dans l’addiction et la dépendance que cause le tabagisme avec toutes ses conséquences néfastes pour la santé ». « On doit renforcer la législation anti-tabac et la hausse des taxes sur le tabac. Pour rappel, le Niger s’est doté depuis des années d’une loi qui interdit de fumer dans les espaces publics » conclu Dr Dan Jimo.
Akiné Fatouma pour niameyinfo.




