Dans le cadre du Forum YouthConnekt Sahel 2026 à Niamey, au deuxième jour, une Masterclass consacrée au dialogue intergénérationnel sur le leadership a été animée ce mardi 11 août 2026. Modérée par Rakia Boubé, de l’UNICEF, la session a réuni des figures du ministère de la Jeunesse, des institutions traditionnelles et du système des Nations unies autour d’une question centrale : sommes-nous prêts à construire avec les jeunes, et non plus seulement pour eux ?
D’entrée, la modératrice a posé le cadre : le leadership intergénérationnel ne se résume pas à la transmission de l’expérience des aînés vers les jeunes. Il suppose l’écoute mutuelle, le partage des savoirs et la reconnaissance des compétences de chacun, pour bâtir ensemble une vision commune face aux défis sécuritaires, économiques et institutionnels du Sahel.

M. Saturnin Epie, représentant résident de l’UNFPA au Niger, a partagé le fruit de vingt années au service du Fonds des Nations unies pour la population, dont plus de dix comme représentant résident dans quatre pays. Il a insisté sur la santé mentale des jeunes, sujet selon lui encore trop peu abordé, et sur l’autonomisation des jeunes filles, qui suppose une véritable écoute de leurs choix de vie au sein des familles, au-delà du seul soutien matériel. Il a appelé à ce que le dialogue intergénérationnel amorcé à Niamey en décembre 2025 se prolonge concrètement dans les communautés, les régions et les quartiers.

Moumouni Goungoubane Faouziyatou, jeune championne pour les droits des enfants, est revenue sur sa participation au Sommet des jeunes filles de Dakar, où elle représentait le Niger. Elle en retient trois enseignements : la force du collectif de jeunes filles ouest-africaine portant les mêmes combats éducation, protection, participation ; l’urgence de passer de la parole aux actes, résumée par la formule « rien pour les filles sans les filles » ; et l’importance de l’accès à l’éducation et au numérique. Pour elle, les jeunes filles du Sahel n’ont pas besoin de pitié, mais de confiance.

L’honorable Amirou Mohamed Sidikou Harouna, secrétaire général de l’Association des chefs traditionnels du Niger, a apporté un regard singulier sur la frontière entre jeunesse et vieillesse, rappelant que ce qui compte n’est pas l’âge mais les valeurs portées. Il a plaidé pour un dialogue renforcé entre autorités traditionnelles et une jeunesse parfois éloignée des structures coutumières, en misant sur les compétences des jeunes plutôt que sur les seuls rapports d’autorité générationnelle.
M. Aliou Oumarou, commissaire général du Scoutisme au Niger, a livré un témoignage personnel sur un parcours marqué très tôt par l’engagement associatif. Il a défendu l’idée que le leadership se construit à travers un parcours, non à travers l’héritage ou le statut social des parents la discipline et l’engagement sincère envers sa communauté ouvrent des portes qui méritent la confiance des aînés.
Un même fil rouge a traversé les échanges : la transmission entre générations doit déboucher sur des actions concrètes et mesurables, portées conjointement par les jeunes et leurs aînés, au-delà des belles paroles applaudies en salle. Les interventions ont ensuite laissé place à une séquence de questions-réponses avec le public, permettant aux jeunes présents de prolonger le dialogue amorcé sur l’estrade.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.




