Le Sénégal opère un virage décisif dans la gestion du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP). Pour l’exercice 2025, dont les résultats ont été publiés le 7 avril 2026, près de 1,9 milliard FCFA ont été mobilisés, avec une nouvelle doctrine axée sur la transparence et la conformité.
Désormais, seuls les médias en règle sur les plans fiscal, social et administratif peuvent prétendre au financement. Cette réforme, issue de l’audit de l’Inspection générale d’État (IGE) de 2024, a conduit à une sélection plus stricte : 164 bénéficiaires retenus sur 241 dossiers.
Les télévisions bénéficient d’une enveloppe globale de 157,5 millions FCFA. Les groupes 2STV et Walfadjri TV arrivent en tête avec 42,5 millions FCFA chacun, suivis d’Al Mouridiyyah (25 millions), LAMP FALL Communication (25 millions) et Label Media Plus (22,5 millions).

Du côté des radios commerciales, 96,25 millions FCFA ont été distribués. SEN RADIO domine avec 33,2 millions FCFA, devant Walfadjri Radio (31,5 millions), Trade FM (17,5 millions) et Alfayda FM (14 millions).

La presse en ligne capte la plus grande part avec 326,8 millions FCFA. Seneweb (38 millions FCFA) et Dakaractu (35,2 millions FCFA) figurent en tête, suivis du Groupe Sans Limites (26 millions), Senenews (24 millions) et PressAfrik (24 millions).

La presse écrite, quant à elle, reçoit 106 millions FCFA. Le Groupe Walfadjri et Sud Quotidien perçoivent chacun 19,25 millions FCFA, tandis que L’AS obtient 16,25 millions FCFA.

Malgré ces avancées, certains grands groupes restent exclus pour non-conformité. À travers cette répartition, les autorités sénégalaises entendent soutenir la viabilité économique des médias et renforcer leur rôle dans le paysage démocratique. Une réforme des textes est déjà annoncée pour 2026 afin d’adapter durablement le fonds aux mutations du paysage médiatique.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.

