Dans la ville d’Arlit située à 250 kilomètres d’Agadez au nord du Niger, la fermeture de la compagnie minière d’Akouta prévue pour le 31 mars prochain pèse sur les miniers qui se retrouvent sans travail. Le mercredi 10 mars 2021 le Directeur général de la Cominak a détaillé les modalités de la fermeture de ce site minier qui laisse 600 salariés sans emplois, 800 sous-traitants et un impact environnemental important.
Selon la compagnie, la mine d’Akouta doit fermer car elle a épuisé ses ressources. Cette filiale nigérienne du groupe français Orano, anciennement Areva, exploite depuis plus de 40 ans l’uranium dans la région d’Agadez.
La fermeture de la Cominak n’est pas une surprise, cependant
elle aura un impact sur ses salariés. Pour compenser cette perte d’emplois pour
ses agents, la compagnie a prévu un plan social. En effet, les employés
toucheront entre 20 et 60 millions de francs CFA. Pour le secrétaire général du Syndicat
national des mines (Synamin) à la Cominak, Niou Amadou, ces enveloppes ne
suffiront pas. Selon lui, il faut un plan de relance économique pour cette région…
« Nous
avons une grande partie de nos travailleurs qui sont jeunes. Donc tant qu’il
n’y a pas une relance économique du pays, cela veut dire que bon nombre de ces
jeunes vont se retrouver au chômage. Je ne pense pas que qui que ce soit dira
qu’il est content, quelle que soit l’enveloppe qu’on va lui accorder.»
En revanche aucun dédommagement n’est prévu pour les 800 sous-traitants qui dépendent de la mine et ne savent plus à quel saint se vouer pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles respectives, à cela s’ajoute un autre sujet d’inquiétude qui est celui du démantèlement du site minier selon Rahmar Ilatoufegh, de la coordination de la société civile d’Arlit. « Il y a à peu près une vingtaine de millions de tonnes de résidus de traitement qui contiennent à peu près 80% de la radioactivité qui sont stockés à l’air libre. Ils ont prévu une méthode pour les sécuriser : ils disent qu’ils vont construire un sarcophage. D’abord, ils vont mettre une couche d’argile. Ensuite, peut-être, mais ce n’est même pas sûr, qu’ils vont mettre une couche de ciment, ce qui ne va pas résister au temps et aux intempéries », a-t-il expliqué. Il est à noter que le plan des travaux de réaménagement de la Cominak s’élève au coût total de 95 milliards de francs CFA.
Toutefois un nouvel espoir semble renaitre avec l’annonce du lancement du recrutement de 2 000 employés qui seront recrutés dans 4 catégories notamment des emplois cadre, des emplois de soutien, d’agents de sécurité et d’ouvriers spécialisés, pour les anciens agents de la mine Cominak.
Le recrutement de ces 2000 employés entre dans le cadre du projet de pipeline export Niger-Bénin selon le ministère béninois de l’Eau et des Mines qui a annoncé le lancement de ce recrutement le dimanche 14 mars 2021. Les personnes intéressées pourront s’inscrire sur une plateforme numérique à travers l’adresse du site web dédié. Le lancement officiel de la plateforme, est prévu pour le lundi 15 mars 2021, selon les informations du ministère.
D’un coût global de 608 milliards de francs CFA, le pipeline Niger-Bénin est un projet porté par le Bénin et le Niger. Ce pipeline traversera les deux pays, en partant du bloc Agadem dans la province de Diffa, au sud-est du Niger, jusqu’à la station terminale à Sèmé dans le département de l’Ouémé, sur la côte sud-est du Bénin. La longueur de l’infrastructure sera d’environ 1950 km, dont environ 1 275 km au Niger et 675 km au Bénin.
Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.