Alors que la pandémie de Covid-19 a annulé sa réunion prévue en 2020, le Comité du patrimoine mondial doit se réunir en Chine en juillet, pour décider de l’inscription de nouveaux sites. Dans un rapport paru la semaine dernière, l’organisation onusienne suggérait de mettre sept endroits sur la liste du patrimoine en péril dont le complexe W-Arly-Pendjari en Afrique de l’Ouest que se partagent le Niger, le Burkina Faso et le Bénin.
Sept sites sont en lice pour figurer sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco. La Grande Barrière de Corail en Australie, les volcans du Kamchatka en Russie, Venise et sa lagune, ou encore les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l’avenue Andrássy, le patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid en Albanie et en Macédoine du Nord, la vallée de Katmandou au Népal et le complexe W-Arly-Pendjari en Afrique de l’Ouest. Pour Mecthild Rössler, directrice du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, l’inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril vise à une prise de conscience pour « comprendre que le monde entier est là pour travailler ensemble à la sauvegarde de ces sites ».
S’agissant du Complexe W-Arly-Pendjari, c’est est un bien transnational que se partagent le Niger, le Burkina Faso et la République du Bénin en Afrique de l’Ouest. Situé dans la zone de transition entre les savanes de la région soudanaise et de la région forestière guinéenne, le Complexe W-Arly-Pendjari est situé au cœur du bloc d’aires protégées le plus vaste de la province biogéographique des savanes/zones boisées d’Afrique de l’Ouest et comprend le continuum le plus vaste et le plus important d’écosystèmes terrestres, semi-aquatiques et aquatiques de la ceinture de savanes d’Afrique de l’Ouest. Le bien est une mosaïque contiguë de neuf aires protégées d’une superficie de 1 714 831 ha. Il comprend le Complexe trinational du Parc Régional du W (que se partagent le Bénin, le Burkina Faso et le Niger), le Parc national d’Arly (Burkina Faso), le Parc national de la Pendjari (Bénin) et les zones cynégétiques de Koakrana et Kourtiagou (Burkina Faso) et Konkombri et Mékrou (Bénin). Il abrite la population d’éléphants la plus grande d’Afrique de l’Ouest et la plupart des grands mammifères typiques de la région comme le lamantin d’Afrique, le guépard, le lion ou le léopard.
Bien que les limites du bien soient clairement définies, connues des populations locales et réglementées, des menaces telles que le braconnage, le pâturage illégal et l’empiètement de l’agriculture persistent. Des mesures adéquates doivent être prises pour écarter ces menaces, notamment l’instauration d’une collaboration étroite avec les secteurs du développement agricole pour réglementer et pour motiver et sensibiliser les communautés qui vivent à proximité du bien. Il importe de mettre en place un suivi de l’échelle des activités de transhumance, qui est une pratique ancienne, pour veiller à ce qu’elle reste durable du point de vue de la valeur universelle exceptionnelle du bien.
Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.