Le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a mis en garde lundi contre des tentatives d’ingérence étrangère visant à affaiblir l’unité entre les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Prenant la parole à Ouagadougou, lors de la première exécution officielle de l’hymne de l’AES baptisé « Sahel Benkan », le 9 juin, Ibrahim Traoré a dénoncé des « manœuvres impérialistes » visant à pousser l’un des trois pays membres à se désolidariser du bloc. « Nous sommes approchés tous les jours par ces impérialistes pour amener un des trois à trahir les autres », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l’Agence de presse africaine (APA).
Ibrahim Traoré a ainsi appelé les membres de l’AES à faire preuve de vigilance et de solidarité face à ce qu’il décrit comme des pressions extérieures répétées. Sans nommer de pays ni préciser la nature exacte des ingérences évoquées, le président burkinabè a insisté sur la nécessité de maintenir une cohésion stratégique entre les États sahéliens. « Il est difficile de s’unir, mais c’est la solution. Il faut qu’on s’unisse », a-t-il martelé.
Depuis leur retrait progressif des organisations régionales ouest-africaines, les trois pays dirigés par des militaires ont renforcé leur coopération politique et sécuritaire au sein de l’AES, une confédération annoncée en septembre 2023. Dans ce contexte, Ibrahim Traoré accuse certaines puissances étrangères de vouloir préserver leurs intérêts au détriment des aspirations souverainistes des peuples sahéliens.
« On va nous combattre, on continuera à nous combattre, mais nous sortirons victorieux et forts », a-t-il lancé, estimant que les épreuves actuelles doivent servir de leçon pour éviter à l’avenir « les mêmes formes de domination ».
Le président burkinabè a également exhorté les populations des trois pays à s’approprier pleinement le projet de l’AES et à valoriser les richesses naturelles de la région. « Le Sahel tout entier est riche, immensément riche. Le Sahel ne restera pas pauvre. Nous continuerons à construire l’AES, à être forts, résilients, faire de l’AES un espace de sécurité totale. »
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.