Sept jours après les épreuves écrites du brevet d’études du premier cycle (BEPC) qui ont débuté, le mardi 06 juillet sur toute l’étendue du territoire nigérien, les premiers résultats apparus se révèlent être plutôt inquiétants. Cette fois-ci le masque du niveau scolaire des élèves nigériens est tombé. Selon le COADE (Collectif des ONG et Associations de Défense de l’Education), les consignes ministérielles de repêchage donnent 7 sur 20 pour le second groupe (oral) et 9,5 sur 20 pour le premier groupe (écrit). Le taux national d’admission semblerait être en dessous de 20%.
Cette année, d’après le ministre de l’éducation nationale, Dr Rabiou Ousman, ils sont 150 663 candidats repartis dans 388 centres qui se sont lancé à la conquête du Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Parmi ces candidats, 71.200 sont des filles représentant 47,26%. De ces candidats 43 010 proviennent des établissements privés, soit 28,54%. L’effectif des candidats libres est de 14 613 représentants 9,69%.
Le choc est malgré que le ministre de l’éducation nationale a dans son discours publié au lancement officiel des examens du 6 juillet, annoncé que « l’année scolaire 2021 s’est dans l’ensemble bien déroulée », les résultats d’admission sont catastrophiques. Pendant que près de 80% des élèves pleurent leur échec, certains internautes pensent que ceci est la preuve que des mesures pour garantir des examens propres et crédibles ont été mises au point. Pour l’internaute Adamou Issoufou « les résultats reflètent le niveau réel de nos aspirants au diplôme de BEPC. On ne peut pas engager des réformes en profondeur tout en s’appuyant sur des données tronquées. C’est seulement à partir des vrais chiffres on peut envisager cela » tout en pensant que la responsabilité est largement partagée. « Les élèves ne croient plus aux efforts parce qu’encouragés par certains parents » écrit-il. Une pensée partagée par Salifou Rabiou, un autre internaute, «je suis fier car l’éducation reprendra sa valeur, nous sommes tous conscients de la situation dans laquelle est notre pays, manque de niveau, manque d’implication de certains parents pour les suivis de leurs enfants à la maison après l’école, recrutement des enseignants non qualifiés, corruption à chaque fois lors des examens et même pour le passage… »
En effet, plusieurs mesures sécuritaires ont été prises par les autorités pour éviter toute tentative de fraude dont entre autres la sécurisation des épreuves et l’interdiction aux candidats d’amener leurs téléphones portables. Sadou Elhadj Oumarou, président du centre 69 logé au sein du CEG 5 de Niamey a explique au micro du média « Studio Kalangou » que, « cette année, l’administration a voulu améliorer les choses ici à Niamey. Les épreuves sont placées dans les différents commissariats de police ». Il ajoute qu’après, le déroulement des épreuves, il ramène les enveloppes contenant les copies des candidats au niveau des postes des commissariats de police. « Le surveillant ne doit pas communiquer avec les élèves dans une salle. Aussi, à l’entrée du CEG 5, aucun candidat ne doit franchir avec un portable parce que si on te prend avec un téléphone, soit sûr tu vas retourner à la maison » avait souligné Sadou Elhadj Oumarou.
C’est bien dans ce sens, que le ministre de l’éducation nationale, Dr Rabiou Ousman avait attiré l’attention de tous les candidats « de ne compter que sur eux-mêmes, parce que toute tentative de fraude sera sanctionnée sévèrement par les textes en vigueur ».
Plus qu’une surprise, ce taux national bien loin de la moyenne reste malgré le repêchage, un chaos. « Ça doit interpeller tout le monde cette situation. A présent il faut qu’on sache si l’on veut vraiment de l’école dans ce pays ou l’on veut autre chose. Il avait fallu un peu plus de sérieux dans l’organisation et le déroulement des examens pour qu’on se rende compte de l’immense catastrophe qui caractérise ce secteur. Que chacun tire les leçons pour l’avenir car la responsabilité est partagée. Que les scolaires qui sont les premiers acteurs sachent qu’on ne peut pas chercher les diplômes tout en étant toujours dans les rues, il faut donc revoir les stratégies de luttes et les rendre modernes. La responsabilité de l’enseignant est minime en ce sens que l’état est sensé le contrôler régulièrement et prendre des sanctions nécessaires en son encontre s’il ne répond pas aux exigences d’un enseignement qualitatif » lance avec fermeté un des internautes, qui condamne surtout les responsables politiques du pays. « Si les résultats de l’intérieur s’avéraient, alors chapeau à l’organisation 2021. Vivement le rétablissement du CFEPD. En organisant des examens crédibles, on crée les conditions d’une prise de conscience générale (Etat, élèves, parents.) pour tendre vers une éducation de qualité » appuie un autre.
Quelques résultats publiés qui donnent un petit aperçu : Jury 031 Ouallam 399 candidats, 03 admis au 1er groupe et 17 au second groupe soit 4,49%. Jury11 zinder, 398 candidats, 16 admis pré groupe ,62 admis second groupe, 19,59 pour cent. Jury 17, filingué, Effectif 491, Admis 1er groupe 17, Admis 2nd groupe 89, Total 106, Taux :21,59%. Jury 35, Zinder, 345 candidats, Admis 1er groupe 04, Admis 2nd groupe 28, Taux 09,27%.
Au Niger le système éducatif connait une situation critique et peine à garantir un apprentissage et une insertion réussis aux jeunes nigériens. Mais face aux nombreux défis de l’éducation dans le pays, on peut dire que pour un début, le gouvernement actuel est porteuse de solutions innovantes qui est en train de faire émerger une nouvelle génération d’écoles responsables et pleinement tournées vers les enjeux de développement du pays.
Akiné Fatouma pour niameyinfo.