Depuis quelques années le Niger connait l’érection de plusieurs infrastructures notamment à Niamey. La capitale nigérienne réceptionnera bientôt un 3ème pont dénommé « Pont Général Seyni Kountché ». Financé par la Chine cette infrastructure s’ajoute aux échangeurs Mali Béro et celui dénommé Kennedy. Ce pont initialement prévu pour être finaliser le 10 Décembre 2020 est à un taux d’exécution de plus de 90% à la date du 22 janvier 2021, selon les explications données par des techniciens chinois.
Pour rappel, la pose de la première pierre a été effectuée par le Président de la République Issoufou Mahamadou, en décembre 2017. La réception de cette infrastructure financée par la Chine, a été plusieurs fois reportée pour diverses raisons. Les travaux de ce pont étaient prévus pour prendre fin le 10 décembre 2020. Le « Pont Général Seyni Kountché », comprendra 3,6 kilomètres de route de deux fois deux voies à double sens de circulation, dont 1 km pour le pont lui-même et 126 mètres pour le pont de branche, avec un terre-plein central planté d’arbres et des lampadaires installés sur les trottoirs aménagés de chaque côté.
Les raisons du ralentissement des travaux de ce chantier sont de plusieurs ordres. Avec le blocage de la matière principale qu’est le ciment et le personnel chinois en Chine avec l’apparition de la pandémie de la covid-19. Mais aussi le retard d’indemnisation des populations impactées par la construction dudit pont.
Les travaux de construction de ce pont ont coûté plus de 50 milliards FCFA. Il permettra donc de relier les quartiers ouest de la capitale, de fluidifier ainsi la circulation en centre-ville sur les deux autres points de franchissement du fleuve et d’offrir une nouvelle possibilité d’itinéraire pour les usagers des corridors vers le Burkina Faso et le Mali. Une fois achevée, ce pont améliorera les conditions de vie et de travail des populations des zones concernées, notamment celles de Lamordé à la rive droite et celles de Goudel et de Lossa-Goungou, à la rive gauche, en assurant leur désenclavement.
Selon le Directeur des routes rurales au Ministère de l’Equipement, Bachir Abba «Il y a eu la démobilisation de l’ensemble du personnel nigérien sur le terrain et aussi le blocage des experts chinois compte tenu de la fermeture des frontières», a-t-il expliqué.
Il a également annoncer que le nouveau planning de l’entreprise a permis la reprise du chantier et rassure de l’exécution entière des travaux dans les délais prévus. «Maintenant tout est rentré dans l’ordre notamment avec l’appui des autorités Nigériennes, les travaux ont repris. Nous sommes actuellement à un taux d’exécution des travaux de plus de 90%, pour une ouverture à la circulation et aux usagers d’ici le 15 février 2021. Nous y avons importé la technologie chinoise pour sa réalisation», a déclaré Hen Lei, Ingénieur en Chef, qui a indiqué qu’il s’agit d’un des plus grands projets chinois d’infrastructures au Niger.
Quant à l’ouvrier Hassane Oumarou, il se réjouit du fait qu’ils sont payés à temps et travaillent en parfaite entente et collaboration avec les Chinois, en dépit du problème de langue. «Nous suivons les instructions que nous exécutons sans problème. Nous sommes payés à temps et la collaboration avec les Chinois se passe sans entrave. Nous sommes fiers de contribuer à la construction d’une telle infrastructure dans notre pays», ajoute l’ouvrier.
Notons que, les investissements publics et privés de la Chine au Niger ont considérablement augmenté ces dernières années, avec une trentaine d’entreprises présentes dans les domaines du BTP et des infrastructures (transports, télécoms, eau et assainissement, énergie), de la santé (l’Hôpital général de référence de Niamey, inauguré en 2016) ou de l’hôtellerie, avec par exemple le Soluxe Hotel, ouvert en 2015 à Niamey par China Soluxe International (CSI, filiale de China Huayou Group Corporation), également présent dans le catering, grâce à la maison mère, China National Petroleum Corporation (CNPC). Cette dernière exploite le pétrole produit depuis 2011 à Agadem et traité par la société de raffinage de Zinder (Soraz), à capitaux sino-nigériens.
Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.