Le Chef d’Etat nigérien Mahamadou Issoufou, du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS-Tarayya) n’est pas candidat à sa réélection. Il a en effet déclaré dès 2017 « ne pas avoir cette arrogance de croire que je suis un homme providentiel irremplaçable ». Contrairement à certains de ses pairs africains qui ont brigué un 3ème mandat, Issoufou a respecté la limitation à deux du nombre de mandats constitutionnels. Selon l’analyse du rapport de forces du journaliste Seidik Abba, si le président sortant ne rempile pas, son dauphin Mohamed Bazoum fait néanmoins figure de favori du double scrutin du 27 décembre prochain. Mais réussira-t-il le « Coup KO » scandé à cor et à cri par ses partisans ?
Le lancement officiel de la campagne électorale le 05 décembre dernier a donné le coup d’envoi d’une guerre d’images entre les formations politiques dont les candidats sont en lice pour le poste de Premier Magistrat du pays. A ce jeu, le « parti rose » tire sans coup férir son épingle du jeu. Les photos et vidéos des foules monstres relayées à chaque sortie du candidat du PNDS, Mohamed Bazoum sont pour ses partisans autant de preuves de l’immense popularité de leur champion et de sa capacité à ravir le fauteuil présidentiel dès le 1er tour. Et si l’on tend bien l’oreille dans ce brouhaha de fanfares et autres vuvuzelas, le slogan un « coup KO » est celui scandé par les partisans du candidat Bazoum. Mais en-t-il seulement capable au regard de la configuration actuelle du paysage politique et des forces en présence pour ce scrutin présidentiel.
En effet dans la perspective de cette présidentielle, comme à l’accoutumée des alliances se sont nouées. Ainsi la coalition Bazoum 2021 forte de 45 partis politiques, soutient Bazoum Mohamed. Albadé Abouba, candidat du MPR est porté par une coalition de 16 partis. A noter la présence d’un autre regroupement non négligeable, la CAP 21 de l’opposition (18 partis politiques), qui soutenait la candidature d’Hama Amadou qui a été disqualifié pour la course à la présidentielle. Ce dernier a appelé ses partisans à attendre une consigne de vote le moment venu et devrait influer sur les résultats. Aussi le « Coup KO » appelé de leur vœu par les « Guristes » ne sera pas aussi aisé
Pour Seidik Abba, journaliste et ancien chef du bureau parisien de l’Agence panafricaine d’information, très fin connaisseur des arcanes de la politique nigérienne, « Je présume que Mohamed Bazoum aura son ticket pour le second tour« .
Même au plus fort de sa popularité il y a cinq ans, Mahamadou Issoufou a dû passer par un second tour pour être réélu. Au premier tour, il avait pourtant recueilli près de 48,5% des voix, très loin devant Hama Amadou, deuxième avec moins de 18%. Cette fois-ci, la capacité de l’opposition à s’unir qui sera déterminante.
S’agissant de Bazoum Mohamed, « Il est adoubé par le président sortant tout d’abord« , estime Seidik Abba, ajoutant qu' »il a avec lui toute la machine d’un pouvoir sortant avec ce que cela implique, y compris en terme de moyens financiers. Il a aussi obtenu le soutien d’une quarantaine de partis !« . Pour rappel, En 2016, une coalition équivalente, Copa 16, n’avait pas su empêcher une réélection triomphale (92,51%) de Mahamadou Issoufou avant de se disloquer.
En vertu de la Constitution de la VIIe République, adoptée en 1991, « Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ou proroger le mandat pour quelque motif que ce soit (…) L’élection du Président de la République a lieu au scrutin majoritaire à deux tours« . Le dimanche 27 décembre prochain, les Nigériens iront aux urnes et l’on verra s’ils ont décidé d’accorder leur confiance dès le 1er tour à leur futur président et ce dernier sera désigné au terme d’une bataille au second tour ?
Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.