Le dimanche 13 décembre 2020, à travers la tenue des élections locales, les Nigériens et Nigériennes en âge de voter, ont exercé leur droit civique, en sortant massivement pour élire ou réélire ceux et celles qui seront à la tête des collectivités territoriales. Environ 7,4 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les futurs conseillers qui vont diriger les 266 communes, les 8 régions, les 4 villes et 15 arrondissements communaux du pays. Ce premier scrutin des élections générales 2020-2021 se déroule dans un contexte de double état d’urgence, sanitaire avec la recrudescence du covid-19 couvrant l’ensemble du pays et d’insécurité touchant 3 régions. Outre ces défis, les votes se passent sans obstacles, hormis de légers retards liés à la formation des membres des bureaux de vote ou à la mise en place des matériels électoraux ou la non-conformité de certains bulletins de vote.
D’après le répertoire national des bureaux de vote 2020, au total 7.446.556 électeurs sont régulièrement inscrits sur les listes électorales. Ils effectueront leurs votes dans 25.978 bureaux de vote repartis dans les 266 communes que compte le pays.
Au niveau de la ville de Niamey, il a été constaté un retard dans l’ouverture de certains bureaux de vote. C’est le cas de l’arrondissement communal Niamey 4, le bureau de vote n° 253 installé au CEG 22 qui n’était encore pas ouvert à presque 13h, quelques électeurs ont été au bout de leur patience. Ces électeurs se sont plaints de « l’impréparation de ce scrutin qui doit leur permettre d’élire la prochaine personne qui sera en tête de la commune 4 ». Selon Moussa Garba, président de ce bureau de vote « la CENI a accusé énormément de retard pour acheminer les membres du bureau de vote ». Allant dans le même sens, un délégué de ce bureau de vote souligne que « le matériel électoral est arrivé avant 8 heures. Mais, le président et le secrétaire ne sont venus à temps pour commencer les opérations de vote. Au niveau de ce bureau de vote qui compte 491 électeurs inscrits, le vote n’a pas encore débuté jusqu’à 13 h 10 mn ». Pour, Ousseini Abo, superviseur au niveau du Centre du CEG 3 de Niamey « nous avons trouvé tous les matériels sur place sauf les PV. C’est ce qui fait qu’on a commencé les votes à 9h, après l’assurance que nous a donnée la présidente de la CENI de la commune 3 de faire parvenir les PV avant la fermeture prévue à 18h ».
A Maradi, pour le vote des conseillers de ville, un des électeurs a constaté l’absence des signes d’un parti politique en compétition sur le bulletin de vote. Après une vérification, cette erreur touche l’ensemble des bulletins de vote des bureaux de la commune III de Maradi. Les opérations de vote ont donc immédiatement été suspendues, le temps de remédier à ce problème. Pour Maitre Hamadou Zada Harouna, Président de la CENI régionale de Maradi « les opérations de vote sont suspendues pour la commission de l’arrondissement communal Maradi 3, au moment où elles se poursuivent dans les autres arrondissements communaux. Nous sommes en contact avec Niamey où des bulletins régularisés seront acheminés d’un moment à l’autre. Les votes seront repris demain ou après-demain au Niveau de cette commune. Pour le reste de la Région, tout se passe sans problèmes majeurs. Il est juste signalé par-ci par-là quelques manquements qui sont vite résolus. Dans toute œuvre humaine, des erreurs se glissent». La région de Maradi compte 47 communes, 4740 bureaux de vote pour 1473986 électeurs.
A Dosso où 898.794 électeurs inscrits répartis dans 3.178 bureaux de vote, le scrutin se déroule dans la sérénité. Maître Aïchatou Garba, présidente régionale de la CENI de Dosso a assuré que « Tout le matériel a été acheminé dans les différents départements et communes. Il y a juste quelques problèmes majeurs que la commission est en train de corriger » tout en ajoutant le doute pour « l’effectivité d’abord du diplôme qui est une exigence légale et ensuite l’effectivité de la formation que ces membres de bureaux de vote auraient suivie au vue de leur tâtonnement ».
Pour élire 41 conseillers régionaux et 700 conseillers, les quelque 1440085 électeurs à Tahoua se sont aussi rendus aux urnes. Les opérations de vote se poursuivent normalement sans heurt dans le respect du code électoral. Il peut être compté dans la région, 5095 bureaux de vote, chaque bureau de vote enregistre deux scrutins, les municipales et les régionales. Tahoua compte 44 communes.
A Diffa, zone d’insécurité et sous état d’urgence, les votes se sont déroulés dans une bonne ambiance. Selon Hassan Karingama, président du bureau de vote N° 028 « tout se passe normalement dans mon bureau de vote qui affiche complet les nombres des membres et les délégués. Chaque délégué est muni de son récépissé. Il n’y a aucun problème ».
Pour sa part, Famata kassouma, présidente du bureau de vote 032, assure que « les opérations de vote ont bien démarré, tout est en place. Le matériel et les documents électoraux sont disponibles. Je constate une admirable discipline au sein de mon bureau car les électeurs respectent l’ordre d’arrivée, et aussi les forces de l’ordre sont là pour assurer la sécurité, et garantir le respect de l’ordre, la discipline et la sérénité ». La région de Diffa compte 12 communes avec 1215 bureaux de vote pour 296.297 électeurs.
Alors que le Niger continue d’enregistrer une recrudescence du nombre de cas covid-19 ces dernières semaines, de nombreux bureaux de votes n’observent pas les mesures barrières. Selon les derniers bilans du ministère de la santé, le nombre des cas actifs est de 843 et le nombre de décès s’est élevé à 80. «Je constate que les mesures barrières ne sont pas aussi respectées aussi bien pour les électeurs que par les membres des bureaux de vote. La CENI doit intégrer toutes ces précautions dans le processus de ces opérations. Ce constat est valable dans la plupart des centres vote », a relevé Dr Moussa Fatoumata.
A titre de rappel, ces scrutins seront suivis du premier tour de la présidentielle couplé aux législatives le 27 décembre prochain. Ils constituent également un renforcement pour le processus de la décentralisation à travers un meilleur ancrage de la démocratie à la base.
Akiné Fatouma pour niameyinfo.