Depuis ce mercredi 13 mai, les lieux de culte sont ouverts et le couvre-feu instauré à Niamey a été levée par les autorités nigériennes. Un double soulagement pour les fidèles musulmans qui en ce mois de Ramadan, trépignaient déjà d’impatience et l’ont fait savoir à travers des manifestations dans certains quartiers de la capitale nigérienne. Si dans son communiqué, le gouvernement a insisté sur la désinfection des lieux de culte et le respect des mesures barrières afin d’éviter la propagation du coronavirus, force est de constater que ces dernières sont loin d’être respectées dans la majorité des mosquées, ne serait-ce qu’à Niamey. On imagine aisément quelle serait la situation à l’intérieur du pays. D’où la question de savoir si le gouvernement n’est pas allé trop vite en besogne.
Alors que les mosquées et églises sont ré-ouvertes depuis ce mercredi sur toute l’étendue du territoire, on apprend que la Ville de Niamey a lancé à cette même date une opération de désinfection de ces lieux de culte. Des Brigades ont été déployées dans les cinq arrondissements avec des lieux de culte identifiés à désinfecter. On se demande combien de ces mosquées ont été déjà traitées, quand on connait leur nombre pléthorique , il y a une à chaque coin de rue de la ville, avant que les fidèles musulmans ne les prennent d’assaut. L’allègement des mesures gouvernementales dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, a en effet coïncidé avec le premier jour de la 3ème décade du mois de béni de Ramadan qui est marquée par des prières nocturnes.
Outre la désinfection, l’un des points sur lesquels a insisté le gouvernement, est le lavage systématique des mains et la distanciation dans les lieux de culte. Un tour dans certaines mosquées en ce premier jour du « Tarawih » montre un spectacle des plus inquiétants. Personne pour faire respecter les mesures édictées par l’exécutif : point de dispositif de lavage des mains devant la majorité des mosquées, d’ailleurs qui est sensé les fournir ? A l’intérieur, les fidèles musulmans étaient massés les uns contre les autres augmentant ainsi les risques de propagation. N’était-il pas plus judicieux de procéder des jours à l’avance avant d’officialiser leur réouverture, à l’opération de désinfection de ces lieux de culte et de procéder à une distribution à l’échelle nationale de dispositifs de lavage des mains ?
Cette situation prévaut alors même que les experts indiquent que la pandémie a amorcé une courbe descendante au Niger. N’y a-t-il donc pas un risque d’augmentation des cas de contaminations comme cela a été constaté dans d’autres pays qui ont procédé à des déconfinements hâtifs. Prions pour que ce ne soit pas le cas et qu’en ce mois béni de Ramadan, la providence veille sur le Niger.
W.T. pour niameyinfo.