Le Centre international des conférences Mahatma Gandhi de Niamey a vibré, ce lundi,10 août 2026 au rythme de la cérémonie officielle d’ouverture de la 3e édition du Forum YouthConnekt Sahel. Ce rendez-vous régional est organisé par l’Etat du Niger, avec l’appui des partenaires tel que le PNUD. Pendant trois jours, des délégations venues de 14 pays d’Afrique se retrouvent dans la capitale nigérienne pour réfléchir, échanger et bâtir ensemble des solutions autour de l’emploi et de l’engagement des jeunes.

Sous la houlette du Premier Ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, Ministres, représentants d’institutions internationales, chefs traditionnels, leaders religieux, acteurs de la société civile, entrepreneurs et innovateurs se sont réunis pour donner le coup d’envoi de ces travaux, dans un climat empreint de solennité et d’espoir.
Prenant la parole en premier, le président exécutif de YouthConnekt Africa est revenu sur la genèse de cette 3e édition. Il a rappelé qu’un an plus tôt, à N’Djamena, à la clôture de la 2e édition, une incertitude planait encore sur le pays hôte. C’est alors que le ministre nigérien Sidi Mohamed Almahmoud avait annoncé, dans ce qu’il a qualifié de véritable saut dans l’inconnu, que le Niger accueillerait ce rendez-vous. « Nous voici à Niamey », a-t-il lancé, saluant ce leadership assumé.
Les ministres en charge de la jeunesse du Burkina Faso, du Mali et du Togo se sont ensuite succédé à la tribune, portant chacun un message d’unité autour du thème du forum. Tous ont insisté sur la nécessité de placer les jeunes au centre des politiques publiques, non comme de simples bénéficiaires, mais comme des acteurs à part entière du développement de leurs communautés.

Le ministre togolais a marqué les esprits par la force de son propos. Pour lui, la jeunesse sahélienne « n’est pas seulement une population à protéger », mais « une force à mobiliser » et un véritable enjeu stratégique de sécurité et de souveraineté pour la région. Il a appelé à un changement de regard : cesser de voir les jeunes uniquement comme exposés aux crises, et reconnaître en eux une capacité à inventer des solutions africaines aux défis africains. Sa formule a résonné dans la salle : « la jeunesse est le présent de l’Afrique », et non simplement son avenir ajoutant que toute politique conçue pour la jeunesse sans elle se retourne contre elle.
Chacun des ministres a par ailleurs tenu à honorer, à sa manière, l’identité et la fierté de son pays, certains citant des extraits de leur hymne national en clôture de leur allocution.

M. Haoliang Xu, administrateur adjoint au PNUD HQ/EXO, a salué l’émergence d’une nouvelle génération africaine, patriote, connectée et entreprenante, qui ne se contente plus d’attendre des trajectoires toutes tracées mais construit ses propres voies. Il a souligné que sur trois jours, les jeunes délégués de la région allaient débattre d’entrepreneuriat, de transformation numérique, d’agriculture, d’intelligence artificielle, de finance et de coopération régionale des sujets qui, selon lui, dessineront les sociétés et les économies que le Sahel veut construire pour les décennies à venir. Il a réaffirmé l’engagement du PNUD à accompagner gouvernements, institutions régionales, secteur privé et partenaires pour libérer le financement, l’investissement et l’innovation au bénéfice des jeunes.
C’est le Premier ministre du Niger qui a clôturé la série d’allocutions et procédé à l’ouverture officielle des travaux. Dans un discours empreint de gravité, il a rappelé que la jeunesse constitue la frange la plus importante des populations sahéliennes et qu’elle porte, à ce titre, l’essentiel des ambitions de construction d’un Sahel souverain. Il a évoqué les vulnérabilités économiques et sociales qui exposent une partie de cette jeunesse à la manipulation et à l’instrumentalisation, appelant les jeunes participants à réfléchir aux moyens de resserrer les liens entre jeunesse rurale et jeunesse urbaine, mieux connectée aux opportunités technologiques.
Il a également eu une pensée pour les militaires tombés en défendant l’intégrité de leurs territoires, avant d’appeler à une minute de silence en leur mémoire. Insistant sur le fait qu’« il n’y aura pas de paix durable sans perspective pour la jeunesse », il a invité les délégués à saisir pleinement les trois jours d’échanges, de panels et d’ateliers qui s’ouvrent devant eux. Il a enfin déclaré officiellement ouverts les travaux de la 3e édition du Forum YouthConnekt Sahel, souhaitant plein succès aux participants.
Le Forum YouthConnekt Sahel se poursuit jusqu’au 12 août 2026 à Niamey.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.
