La vague de retraits de la Cour pénale internationale (CPI) se poursuit en Afrique. Après les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2025, le Tchad a officiellement notifié son retrait du Statut de Rome, dénonçant une justice internationale qu’il estime sélective et appelant au renforcement des mécanismes judiciaires africains.

Le gouvernement tchadien a officiellement annoncé son retrait du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). La décision, notifiée le 27 juillet 2026 au Secrétaire général des Nations unies, a été prise conformément à l’article 127 du Statut de Rome, a indiqué le ministère tchadien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Selon les autorités, ce retrait est l’aboutissement d’un examen approfondi du fonctionnement de la juridiction internationale depuis son entrée en vigueur en 2002. N’Djamena estime que le bilan de la CPI demeure insuffisant et dénonce une concentration de ses enquêtes sur les États africains. Le gouvernement souligne que, sur treize situations ayant fait l’objet d’enquêtes depuis la création de la Cour, neuf concernent des pays du continent, une réalité qui nourrit, selon lui, un sentiment de sélectivité dans l’action de l’institution.
Dans cette dynamique, le Tchad invite l’Union africaine et ses États membres à accélérer le renforcement des mécanismes judiciaires africains afin de bâtir une justice continentale qu’il juge plus équitable, crédible et respectueuse de la souveraineté des États.
Les autorités tchadiennes insistent toutefois sur le fait que ce retrait ne remet pas en cause leur engagement dans la lutte contre l’impunité. Elles réaffirment leur volonté de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves et de respecter les obligations découlant des autres instruments internationaux auxquels le pays est partie.
Conformément aux dispositions du Statut de Rome, le retrait du Tchad prendra effet un an après la réception officielle de la notification par le Secrétaire général des Nations unies, dépositaire du traité.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.
