Face aux défis sécuritaires, économiques et alimentaires qui fragilisent le Sahel, la question carcérale pourrait connaître une nouvelle approche au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Au Burkina Faso, l’expérience du Centre pénitentiaire agricole de Baporo suscite un intérêt croissant et pourrait inspirer le Niger et le Mali dans leur politique de réinsertion des détenus.
Relayée par le journal L’Actualité Niger, cette initiative repose sur une vision innovante de la prison : faire des établissements pénitentiaires des espaces de formation, de production et de responsabilisation. L’objectif est de permettre aux détenus d’acquérir des compétences en agriculture, en maraîchage, en élevage ou encore en transformation agroalimentaire, afin de faciliter leur retour dans la société.
Dans une région où l’agriculture demeure un pilier de l’économie et où la souveraineté alimentaire est devenue un enjeu stratégique, ce modèle apparaît comme une réponse adaptée aux réalités sahéliennes. Au-delà de la privation de liberté, la prison deviendrait ainsi un outil de réinsertion sociale et économique.
Le modèle de Baporo montre également qu’une prison peut contribuer à la production alimentaire locale. Une partie des récoltes pourrait servir à l’alimentation des détenus, tandis qu’une autre pourrait soutenir des structures sociales, dans un cadre strictement encadré.
Toutefois, les spécialistes rappellent que ce type de programme exige des garanties solides afin d’éviter toute forme d’exploitation. Formation, conditions de travail dignes, suivi psychologique et accompagnement après la détention seront déterminants pour assurer la réussite d’un tel projet au sein de l’AES.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.

