Réunis à Ouagadougou du 6 au 8 avril 2026, des experts et responsables publics de l’espace sahélien ont engagé une réflexion stratégique visant à bâtir une réponse concertée contre la fraude, phénomène aux implications économiques et sécuritaires croissantes dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Placée sous le thème, « La lutte contre la fraude dans le contexte de défi sécuritaire dans l’espace AES : enjeux, résilience des systèmes et perspectives d’action », à l’initiative de la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF), ce colloque international sur la lutte contre la fraude au Burkina Faso, ouvert par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a pour ambition de renforcer l’efficacité des dispositifs nationaux en tenant compte des réalités sécuritaires actuelles. Les travaux portent notamment sur l’identification des liens entre fraude et insécurité, la mutualisation des expertises et l’élaboration d’une feuille de route commune.

Dans l’espace AES, ce phénomène est aggravé par un contexte d’insécurité propice à l’essor des circuits illicites, au blanchiment de capitaux et au financement d’activités criminelles.
Au Burkina Faso, les flux financiers illicites dans le secteur extractif sont estimés à plus de 3 000 milliards de francs CFA sur la dernière décennie. À cela s’ajoutent la fraude sur l’or artisanal, les pratiques fiscales et douanières illicites ainsi que la cybercriminalité, générant d’importantes pertes annuelles.
À travers cinq panels thématiques, les participants entendent établir un diagnostic actualisé des menaces, renforcer la coopération inter-agences et proposer des solutions concrètes. L’objectif final demeure l’adoption d’un plan d’action commun, capable d’inscrire durablement la lutte contre la fraude au cœur des stratégies sécuritaires régionales.
Zeynabou Assane Moumouni pour Niameyinfo.
