Niger : explosion des cas de paludisme, déjà 1359 décès enregistrés à fin août

Toutes les deux minutes, le paludisme ôte la vie à une personne. Le Niger est particulièrement touché. Selon les autorités sanitaires, le paludisme est la maladie qui tue le plus au Niger où elle est « la première cause » de consultations dans les centres sanitaires. La majorité de la population est exposée à la maladie et plus de la moitié des habitants vivent dans des zones où le risque de transmission est élevé. Pour cette année 2021, les statistiques du Programme National de Lutte contre le Paludisme au Niger (PNLP), se révèlent alarmantes. On compte, jusqu’à fin août, un nombre de cas enregistré de 1 447 137 soit 445 204 cas de plus que l’année précédente où on comptait 1001933 cas.

Nous l’avons tous constaté ! l’année dernière, le paludisme a sévèrement sévit au Niger et entraîné de nombreux décès. Apparemment, cette situation cauchemardesque n’est pas prêt de s’atténuer. Les chiffres ne font qu’exploser. En effet, d’après les informations indiquées par la coordinatrice du PNLP, Dr Djermakoye Hadiza Jackou, « début janvier jusqu’à la fin du mois d’août, le Niger a enregistré en termes de nombre de cas confirmés 1 447 137 cas contre 1001933 à la même période de 2020 », soit une augmentation d’environ 445 204 de cas pour l’année 2021.  Pour Djermakoye Hadiza Jackou, cette augmentation se ressent également au niveau des décès où « nous avons eu à enregistrer 1359 décès en 2021 du 1er janvier à la fin du mois d’août, contre 980 l’année dernière. Aussi sur le plan général, le cas des enfants moins de 5 ans a-t-il connu une hausse, passant de 290441 à 393717 cas cette année, dans la même période » précise-t-elle.

Parmi les régions les plus touchées par cette maladie qui depuis des lustres se définie comme une épidémie, on peut citer les régions de Dosso, Tillabéry et Zinder avec respectivement 244146, 315000 et 302000 cas. « Toutefois, il se trouve qu’actuellement la région de Maradi a enregistré plus de décès (370), suivie de la région de Dosso avec 266 décès et la région de Tahoua où 237 décès ont été signalés ».

Le Niger est un pays fortement endémique du paludisme, « nous faisons partie des High Burden High Impact Countries, signifiant qu’il fait partie des 11 pays les plus exposés au paludisme dans le monde » souligne Zeinabou idé, chargée de programme pour Impact Santé Afrique (ISA).

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, Dr Djermakoye Hadiza Jackou a souligné que la stratégie adoptée par le gouvernement, par le biais du PNLP est surtout axée sur la prévention avec des distributions gratuites de moustiquaires imprégnées et de médicaments chez les enfants de moins de 5 ans pour les prévenir du paludisme durant cette période de haute transmission. On note aussi que depuis 2013 le programme national de lutte contre le paludisme a organisé plusieurs séances de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées et qui ont touché des millions d’individus. Déjà cette année, « nous avons distribué environ 8 millions de moustiquaires imprégnées avant la saison des pluies », a déclaré Dr Djermakoye Hadiza Jackou.

Il faut savoir que la campagne de distribution se déroule sur quatre mois, de juillet à octobre. Le 3 août dernier le troisième passage de la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées est enclenché, où près « de 4 400 000 enfants seront couverts et par conséquent protégés contre le paludisme ». La coordinatrice du PNLP souligne qu’il « existe aussi des médicaments que nous donnons gratuitement aux femmes enceintes qui se présentent pour les consultations prénatales dans les formations sanitaires ».

Malgré les graves conséquences que peut engendrer cette maladie, la grande majorité de la population la néglige. « Il n’y a pas de petit palu ! Un paludisme simple peut se transformer en 3 jours en paludisme grave et entraîner la mort. Nous ne prenons pas le paludisme au sérieux parce qu’il nous côtoie tous les jours et à force, nous le banalisons » explique Zeinabou tout en ajoutant que « si l’Etat met en place ces mesures et que les populations ne suivent pas, les résultats escomptés ne seront pas atteints. Il est impératif que nous en prenions conscience. Dans les zones reculées, les gens utilisent les moustiquaires comme filets de pêche ou pour protéger les plants de rizières au lieu de les utiliser à bon escient »  

Pour Dr Djermakoye Hadiza Jackou, le souci majeur ici, est l’utilisation des moustiquaires imprégnées par les populations. « L’appel c’est vraiment d’utiliser les moustiquaires, de faire dormir les enfants sous moustiquaires », conseille-t-elle.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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