Météo: Les brumes sèches apparues à Niamey et dans plusieurs localités risquent de perdurer jusqu’à l’hivernage

Depuis quelques jours, la ville de Niamey et certaines localités du Niger sont couvertes, surtout dans la matinée, de brume sèche. Au Niger, le phénomène de brume se produit la plupart de temps en saison froide. Il s’agit selon le Directeur de la Météorologie Nationale, M. Katiellou Gaptia Lawan, d’une condensation et une suspension de poussières ou de particules de pollution. On parlera alors de brume sèche dans nos pays du Sahel.

D’après le météorologue, cette situation s’explique, en général, par le fait que ces derniers temps, il n’y a pas de descente d’air froid. «Dans la zone de haute pression, appelé l’anti-cyclone des Açores, qui en principe devrait prendre de l’importance, donc se renforcer pour favoriser la descente d’air froid du nord vers le sud. Elle est liée à la dépression qui s’est créée entre l’Atlantique et l’hémisphère nord-ouest et qui a affaibli cette descente d’air froid. C’est donc parce que cette dépression commence à être comblée que cette situation commence à prendre un peu de l’ampleur. L’augmentation de cette pression a fait en sorte que les vents se sont aussi renforcés en surface, suivis de soulèvement de poussières, depuis plusieurs jours», explique –t-il.

M. Lawan précise que cette poussière synoptique, qui est un phénomène érosif, et qui peut aller jusqu’à l’Amazonie (Amérique latine), est causée par l’accumulation des couches de poussière, au niveau de deux grandes sources, ici au Niger. «Il y a le Sahara au nord et au niveau de l’ancien lit du Lac Tchad, qui est la source la plus importante. Tant qu’il y aura du vent, à une certaine vitesse, ces deux sources vont libérer leurs poussières, qui vont prendre de la hauteur et se déplacer d’une zone à une autre, cela parce que les vents les poussent loin et très loin même», ajoute-t-il. Pour illustrer cet état, le Directeur de la Météorologie Nationale indique que, c’est comme si on met en marche un ventilateur devant de la farine. Le soufflement maintenu d’air du ventilateur va non seulement soulever cette farine mais il va l’emporter loin et l’épandre un peu partout. Si le ventilateur se maintient, les particules de la farine seront maintenues aussi en suspension. C’est ce qui se passe aussi pour les poussières synoptiques.

Les brumes qui prennent leur source dans le Sahara et le lit du Lac Tchad peuvent atteindre l’Amazonie

«Avec les vents soufflant en cette saison, d’Est en Ouest, la poussière est entraînée à l’intérieur du pays. Non seulement elle reste en suspension mais elle se déplace aussi. C’est cette situation, en provenance aussi bien de la source du nord que de celle du lit du Lac Tchad que nous observons dans notre pays depuis quelques jours. Pour la source du Lac Tchad, qui est la plus importante, elle a d’abord concerné Diffa, puis Zinder, Maradi. Avec l’affaiblissement des vents, il y a eu une interruption du déplacement de ces poussières suspendues», détaille-t-il. Lorsque les vents ont repris, ajoute-t-il, le déplacement de ces poussières s’est poursuivi et les poussières qui étaient sur Maradi ont envahi Tahoua et par la suite Dosso et la zone du fleuve, dont Niamey, la capitale», ajoute le Directeur de la météorologie nationale. M. Lawan précise que cette poussière a un grand impact sur la visibilité. «Si en deçà de 10.000 m la visibilité n’est pas bonne, on pense vraiment qu’il y a une poussière considérable. Théoriquement, si on ne peut pas bien percevoir un objet placé à environ 200 m, on estime que la situation est inquiétante», souligne-t-il avant d’ajouter que cette poussière synoptique n’est pas que négative, car elle contient aussi de l’engrais pour la forêt amazonienne.

Vers l’Atlantique nord, ajoute-t-il, il a été remarqué que les poussières qui y tombent dans l’océan, transportent des éléments qui nourrissent les phytoplanctons (plantes), dans l’océan qui elles-mêmes nourrissent les poissons. On doit préciser que certes plusieurs localités sont concernées par cette brume sèche mais à Niamey la visibilité a été plus affectée. En effet, le 14 janvier dernier, à cause de l’importance de la concentration de la suspension de la brume, on ne peut pas voir au-delà de 4.500 m, alors qu’à Tahoua, par exemple c’est à plus de 6.000 m que la visibilité n’est pas bonne. Il faut ajouter que la situation de Niamey n’est pas seulement due à la suspension. «L’importance de circulation des véhicules, les routes latéritiques les chantiers de construction rejettent beaucoup d’aérosols dans l’atmosphère, ce qui ajoute à la brume suspendue. Il y a aussi, en ce temps de froid, surtout le matin, un autre phénomène qui renforce cette situation de brume sèche, c’est l’inversion thermique, qui fait une sorte de plafond en haut et qui bloque tout l’aérosol en altitude», explique le météorologue. Enfin, M. Lawan prévoit qu’avec les vents qui vont et qui viennent, la situation risque de continuer jusqu’à l’hivernage, mais en changeant de zone et en s’interrompant par moment. C’est surtout les localités du nord et de l’est qui seront concernées.

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