Bassin du lac Tchad: franche collaboration entre les forces du Niger, du Cameroun, du Tchad et du Nigéria pour affaiblir les terroristes

La région du bassin du lac Tchad a été le théâtre d’opération de la force multinationale mixte (FMM) composée par plusieurs pays de la région pour combattre les groupes terroristes qui y sèment la terreur. En quelques mois d’opération avec une forte participation des forces du Niger, la force a neutralisé des centaines de combattant islamistes.

Dans le cadre de l’opération dénommée « Intégrité du lac », les éléments de la FMM composée de 3000 hommes de quatre pays de la région, ont mené des offensives du 28 mars au 4 juin sur les îles composant le bassin du lac Tchad, contre les éléments de Boko Haram-ISWAP. Selon les informations, l’opération a commencé avec trois pays à savoir le Niger, le Cameroun et le Nigéria, avant que le Tchad ne la rallie après 45 jours.

Selon les informations, il s’agit d’une opération interarmées et conjointe planifiée par l’Etat-major de la force multinationale et dont la conduite a été confiée au poste de commandement tactique (PCTAC) mixte installé dans la région de Diffa au Niger. Les opérations ont été menées sur terre, par les aires et également sur les eaux du lac Tchad, pour neutraliser les terroristes.

Les Forces tactiques nigériennes
Le Niger a déployé pour la circonstance, un millier d’hommes de deux bataillons au sein de deux tasks forces, celle de N’Guimi et celle de Malam Fatori. Le pays a également déployé une composante aérienne au sein de la TASK FORCE AIR de la FMM lors de cette opération « Lake Sanity ».

La Task Force N’Guigmi, composé du 55e Bataillon Spécial d’Intervention de N’Guigrni, renforcé de la 1e Compagnie Amphibie de Diffa, avait pour mission de contrôler le Lac Tchad (côté Niger) avec une jonction avec les unités amphibies du Cameroun et du Nigeria à Tumbun Mota. Durant l’opération, elle a eu quatre accrochages avec les terroristes de Boko Haram et leur a infligé de lourdes pertes.

Concernant Task force Malam Fatori, composée du 51e Bataillon Spécial d’Intervention de Diffa, renforcé d’une section canon 122 mm, elle avait pour mission de reconnaitre les berges côté Nigeria de la Komadugu Yobé Jusqu’à Abadan, avant de faire jonction avec une compagnie renforcée du Nigeria en provenance de Malarn Fatori, et conquérir par la suite Aregue, base de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest d’où les attaques contre le Niger sont menées, a indiqué un communiqué de la FMM.

C’est à partir de cette localité et durant près de deux mois passés sur la position que plusieurs RAIDS (en territoire nigérian) sur Fedondiva, Turnbun Rago, Tumbun Fulani, Métélé et Dogon Tchuku, ont permis de neutraliser de nombreux terroristes de l’EIAO, détruire deux ateliers de fabrication d’EEI et plusieurs plots logistiques.

La Composante Air, opérant à partir de la Base Aérienne 501 de Diffa (BA 501) avec des aéronefs de reconnaissance, d’attaque et d’évacuation sanitaire des blessés au combat, avait pour mission, non seulement, d’assurer une connaissance de situation à ta Force, mais surtout de repérer et détruire le plus de potentiel de combat des groupes terroristes avant et pendant les manœuvres terrestres et amphibies.

Durant ces deux mois d’opération, la BA 501 a effectué plus de 400 heures de vol, en 141 sorties dont 22 frappes aériennes et 4 évacuations de blessés. Au total, près d’un millier de combattants, une trentaine d’engins blindés, une cinquantaine de pickups, une vingtaine de camions, une quinzaine de pirogues et vedettes, cinq ambulances et quatre aéronefs ont été engagés par le Niger dans ladite opération.

Des centaines de terroristes neutralisés
Selon le document publié par la FMM, l’opération « Intégrité du Lac » est sans aucun doute un succès retentissant, comme l’attestent les pertes infligées à la nébuleuse BH/EIAO. Sur l’ensemble de l’opération, plus de 805 terroristes ont été neutralisés. On enregistre la destruction ou la capture de quelques 44 véhicules, 22 motos et une multitude d’armes lourdes et légères ainsi qu’un nombre important de munitions de tous calibres.

Une victoire dont il faut tirer des leçons

L’opération interarmées et conjointe menée par les forces de quatre pays qui ont combattu ensembles côte à côte démontre qu’il est possible de mettre fin à l’insurrection terroriste en Afrique de l’ouest, tant au Sahel que dans les autres régions « infestées » de terroristes. Le seul vrai obstacle à ce combat pour le moment n’est pas forcément un manque de matériel ou de formation, mais plutôt un manque de cohésion et de coopération franche entre les Etats frontaliers.

Le terrorisme au Sahel par exemple, n’a pas forcément besoin des forces étrangères sur place pour être vaincu. Il suffirait que les pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso, décident de mettre leurs efforts ensembles et de mener une lutte sans hypocrisie contre les insurgés. Il faut aussi que ces pays arrêtent de laisser la défense de leur territoire à des étrangers et arrêtent également de se combattre. Le Niger doit par exemple arrêter d’attaquer politiquement son voisin du Mali et se concentrer sur ce qui est important pour le moment, la fin du terrorisme.

Tant que ces deux pays continuent d’entretenir un conflit imposé par une puissance étrangère qui n’en a rien à faire de la paix dans la région, le terrorisme continuera à proliférer dans la région et dans tout le Sahel.

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