Niger : le Gouvernement déterminé à mettre fin à la contractualisation dans le secteur de l’Education

Dans un courrier en date du 13 mai dernier et adressé aux Directeurs Régionaux, le Ministre de l’Education Nationale, le Pr Ibrahim Natatou, a instruit ces derniers de suspendre le recrutement du personnel enseignant contractuel, tout en précisant qu’à terme, il s’agira de mettre fin à la contractualisation dans le secteur de l’éducation.   

Depuis le 13 mai dernier, il est interdit tout recrutement d’enseignants contractuels dans les différentes entités de l’éducation sur toute l’étendue du territoire nigérien. C’est ce qui ressort d’une note officielle adressée par le Ministre en charge de l’Education aux Directeurs régionaux. Le membre du gouvernement a justifié cette démarche par le souci de poursuivre « le processus d’amélioration de la qualité de l’éducation et dans l’optique d’accorder une place prépondérante au développement du capital humain ».  Il s’agira selon le Pr Ibrahim Natatou de « stabiliser les effectifs actuels des enseignants contractuels et à terme de mettre fin à la contractualisation dans le secteur de l’Education ».

Le Ministre de l’Education nationale fait savoir que d’ores et déjà, des dispositions appropriées sont en voie pour fonctionnariser par cohorte les enseignants contractuels.

Une fenêtre est malgré tout laissé aux Directeurs régionaux pour pourvoir aux postes vacants en cas de nécessité, ceci dans le strict respect du profil adapté, en attendant la stabilisation de la mise en œuvre de la nouvelle option de mise à la disposition des Appelés du Service civique nationale au profit du secteur de l’éducation.   

Il faut dire que de tout temps, la contractualisation des enseignants est une question qui préoccupe aussi bien l’État que les syndicats du secteur de l’éducation. En 2017, sur un effectif de 76.184 enseignants du cycle primaire, 59.870 étaient des contractuels, soit une proportion de 81,3%. Mais, force est de constater que le payement des pécules et les conditions de travail de ces derniers, laissent à désirer.  En témoignent les nombreuses grèves enclenchées qui donnent lieu à des négociations avec le gouvernement qui peine à trouver des solutions idoines. En effet amorcé depuis 2020, le recrutement à la fonction publique par voie de concours de quelques 500 enseignants et enseignantes du cycle primaire, parmi les contractuels justifiant de 4 ans d’ancienneté, n’a toujours pas abouti.

C’est dans ce contexte que le gouvernement annonce l’arrêt de la contractualisation et le recours au service civique national pour rehausser la qualité de l’éducation. L’option choisie consiste à mettre à la disposition du ministère de l’Éducation des diplômés de niveau supérieur qui auront suivi une formation pédagogique de 45 jours. Cette option est discutable selon des responsables des syndicats d’enseignants pour qui « on ne peut pas former un bon enseignant en 45 jours, quelque soit le diplôme supérieur qu’il possède et ce n’est pas la solution pour rehausser le niveau ».

Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.  

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