Au terme d’un mini-sommet auquel Bazoum a pris part à Paris, la fin de Barkhane et Takuba au Mali officiellement actée

En présence de ses homologues du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et du Sénégal, qu’il recevait à l’Elysée, Emmanuel Macron a officiellement annoncé le retrait des troupes françaises et européennes du Mali. Cette décision intervient alors que le Mali ploie sous le coup des sanctions de la CEDEAO après qu’une junte militaire ait pris le pouvoir dans le pays.

Bamako serait-elle de plus en plus isolée ? C’est visiblement l’objectif recherché par l’Elysée en organisant un mini-sommet pour annoncer le départ des forces Barkhane et Takuba du Mali. Trois des cinq chefs d’État des pays du G5 Sahel ont effet répondu présents à cette réunion initiée par la France : le Nigérien Mohamed Bazoum, le Tchadien Mahamat Idriss Déby et le Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. Le Mali et le Burkina Faso n’y ont pas été conviés, leurs autorités actuelles étant issues d’un coup d’État militaire. Etaient également présents, des responsables européens et américains.  

Neuf ans après le déclenchement en 2013 de l’opération Serval (muée depuis en Barkhane) pour stopper, à l’appel des autorités maliennes, les colonnes djihadistes fonçant sur la capitale Bamako, les militaires français vont se retirer du Mali.

Emmanuel Macron en conviant tout ce beau monde à l’Elysée ne veut surtout pas faire de ce retrait un problème « franco-malien ». Il s’agit de revoir « le modèle d’intervention militaire au Sahel à partir d’un constat partagé par tous les acteurs : en s’adossant à la force Wagner, une « milice » privée russe, la junte au pouvoir au Mali a fait le choix d’une « rupture », pas seulement avec la France, dit-on à l’Élysée, mais avec l’ensemble des partenaires africains et européens, soutient Paris qui indique qu’ainsi « une nouvelle page de l’intervention international dans la région ». Il est effet annoncé le redéploiement de Barkhane dans les pays voisins du Mali.  

Pendant ce temps, entre Bamako et le Moscou, les relations sont au beau fixe. Lors d’une récente rencontre entre les présidents russe et Français, Vladimir Poutine a été on ne peut plus clair : « En ce qui concerne le Mali, le président m’a posé plusieurs fois la question et nous en avons parlé en détail… Le gouvernement russe n’a rien à voir avec ces entreprises privées qui travaillent au Mali et autant que je sache le gouvernement malien n’a fait aucune remarque sur la présence de ces compagnies privées ». ila en outre, martelé qu’il faut « s’en tenir au principe qui s’applique aussi à l’OTAN et aux membres de l’organisation. Si le Mali a fait le choix de travailler avec ces compagnies, c’est son choix ».

Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.

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