Niger/Libéralisation du secteur de l’engrais : le gouvernement enlève à la CAIMA son monopole et mets fin à ses activités

Le Gouvernement nigérien a décidé de donner un coup d’accélérateur au processus de libéralisation du secteur de l’engrais avec pour objectif de booster la productivité locale. Pour ce faire, via une communication du Ministre de l’Agriculture lors du Conseil des ministres du jeudi 6 janvier dernier, l’exécutif a dessaisi la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA) du monopole d’achat et d’importation des engrais dans le secteur agricole au Niger.

Une évaluation du secteur des engrais sous la CAIMA a révélé de graves dysfonctionnements qui ont motivé le gouvernement à prendre ses responsabilités. Une étude éditée par la FAO et d’autres experts en juillet 2012 révèle que le secteur des engrais est caractérisé par de nombreuses insuffisances : les difficultés d’accès aux intrants de la CAIMA, les quantités insuffisantes ; les époques de livraison inadéquates ; les types d’engrais ne correspondant pas forcément à la demande des producteurs et productrices ; les fréquentes ruptures de stock ou l’indisponibilité des produits au moment voulu par les organisations paysannes. Selon les statistiques du ministère des Finances relayées par le programme Compact du MCA-Niger (partenaire stratégique du gouvernement pour le plan de réforme du secteur), les besoins des producteurs s’évaluent entre 100.000 et 200.000 tonnes par an alors que la CAIMA a fourni moins de 24.277 tonnes en 2017, 23.353 tonnes en 2018, et 16.321 en 2019.

Aussi jeudi dernier, l’exécutif nigérien a officiellement interdit à la CAIMA, ses prérogatives de commandes et d’importation au Niger. Objectif : libéraliser le secteur des engrais pour une agriculture beaucoup plus forte et productive profitable à l’économie nationale.

Pour l’Exécutif, la libéralisation du secteur des engrais au Niger décidée en 2018 par décret se justifie par une nécessité de rendre les engrais de qualité, disponibles et accessibles aux producteurs sur l’ensemble du territoire national. L’objectif visé par ce Projet d’appui à la réforme du secteur des engrais au Niger (PARSEN) est l’augmentation de la demande des engrais, l’implication du secteur privé et le renforcement des capacités de l’ensemble des collèges d’acteurs de la chaine de valeur des engrais au Niger.

L’avancement du projet de libéralisation portant des fruits, le gouvernement a donc décidé d’interdire à la CAIMA de passer de nouvelles commandes ou de contrats d’importation d’engrais ; l’application par la CAIMA des mesures prévues dans la réforme du secteur des engrais sous le contrôle de l’Observatoire des Marchés des Engrais au Niger (OMEN), à compter du 28 février 2022 et l’arrêt de toute activité de la CAIMA dans le secteur des engrais dans le pays.

Par ailleurs, les tonnages non réceptionnés des contrats en cours entre la CAIMA et des fournisseurs d’engrais seront transférés sous la responsabilité du Ministère de l’Agriculture et gérés par l’OMEN, à partir du 1er mars 2022, lit-on dans la communication du ministère de l’Agriculture. C’en est donc fini de la CAIMA pour une agriculture nigérienne plus performante.

Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.

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