Selon une étude de MSF, au moins 42% des Nigériens ont été infectés par la Covid-19

Selon plusieurs études menées par le Centre épidémiologique Epicentre, rattaché à Médecins sans Frontières (MSF), les chiffres officiels du nombre de contaminations de la Covid-19 en Afrique sont en-deçà des chiffres réels. Cette situation n’est nullement le fait de la manipulation des chiffres par les autorités sanitaires mais résulte principalement du très grand nombre de personnes asymptomatiques qui ne jugent pas nécessaire de se faire dépister. C’est le cas au Niger comme dans d’autres pays africains.

Les enquêtes menées par le Centre Epicentre, rattaché à Médecins sans frontières, l’ont été dans 6 pays africains géographiquement éloignés les uns des autres. Il s’agit du Mali, du Niger, du Kenya, du Soudan, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Cameroun en utilisant des méthodes différentes pour chaque enquête. Au Niger, l’enquête a ciblé les personnels de santé, au Kenya, les poches des donneurs de sang ont été analysées tandis qu’au Cameroun les études ont été menées sur près de 8000 personnes. « A la fin, les résultats sont plus ou moins comparables » révèlent les Chercheurs d’Epicentre.

En effet, dans ces pays, les écarts entre les chiffres officiels communiqués par les gouvernements et ceux issus des enquêtes sont énormes. S’agissant du taux de prévalence à la pandémie, 42% de Nigériens ont été infecté par le Covid-19, à un moment ou à un autre, alors que le taux national officiel stagne à 0,02 %. Au Mali, c’est près de 25 % contre 0,07 % et au Soudan, près de 34 % contre 0,08%.

Ces écarts entre les chiffres trouvent leur origine selon le Centre épidémiologique, dans le fait que le pourcentage de personnes asymptomatiques est beaucoup plus élevé en Afrique que dans les autres régions du monde. En outre, sur le continent, les données de santé sont moins répertoriées et ne permettent donc pas de comptabiliser avec exactitude le nombre de personnes contaminées.  L’autre facteur qu’il faut prendre en compte, est la jeunesse de la population africaine. Ces enquêtes révèlent que « le virus a circulé de manière importante mais qu’il dénombre moins de formes graves qu’ailleurs », soutient Epicentre. De nombreuses études scientifiques montrent que les jeunes sont moins susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Or, la population du continent africain est la plus jeune au monde : 60% des Africains ont moins de 25 ans, selon les données de l’ONU. 

C’est fort de ces constatations que l’enquête permet de cibler deux modes d’actions pour Médecins sans frontières (MSF). Premièrement, il faut bel et bien protéger en priorité les personnes à risques car le virus circule. Par exemple, au Niger, « il n’est peut-être pas nécessaire de vacciner toute la population, dont la moyenne d’âge est de 15 ans, et dont l’étude a révélé que 42% de personnes de la population étaient séropositives », indique le Centre. Des recommandations que les autorités nigériennes devraient prendre en compte dans leur stratégie pour une meilleure couverture vaccinale surtout avec l’émergence du nouveau variant Omicron.

Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.

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