COP 26/ Sommet des Leaders : que va chercher Mohamed Bazoum à Glasgow ?

A l’instar de nombre de dirigeants à travers le monde, le président nigérien Mohamed Bazoum à rallier Glasgow où se tient les 1ers et 2 novembre, les Sommet des Leaders, en marge de la 26ème Conférence des parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur la lutte contre le Changement Climatique (COP26). Ces assises sont dédiées à la prise de décisions et de mesures pour intensifier l’action au niveau mondial pour résoudre la crise climatique. Mohamed Bazoum dont le pays, situé dans la région du Sahel, participe très peu aux émissions mondiales, est pourtant l’un des plus impactés par les effets du changements climatiques, ne vas donc pas en Ecosse en touriste. Il y va notamment pour demander des comptes aux pays développés sur les engagements non tenus jusque-là.    

Bien qu’elle émette très peu de Gaz à Effet de Serre (GEZ), environ 4%, l’Afrique est soumise à plus de chocs que les autres continents, car étant le plus exposé aux effets du changement et de la variabilité climatiques. En Afrique de l’ouest, l’augmentation de température est 1,5 fois supérieure au niveau mondial et on lutte principalement contre des sécheresses récurrentes, une grande variabilité de la pluviométrie et des saisons, des inondations de plus en plus fréquentes. Ces changements climatiques menacent en premier lieu le secteur primaire, l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’exploitation des forets, qui sont des secteurs clefs pour l’économie et la sécurité alimentaire des pays. Aussi pour les dirigeants africains lors des sommets dédiés à cet effet à l’instar de la Cop 26, il s’agit de capter des financements pour la mise en œuvre de mesure d’adaptation et d’anticipation.

Le Niger est une parfaite illustration des méfaits du changement climatique. On s’explique donc la présence de son Président à Glasgow accompagné d’une délégation composée de Massoudou Hassoumi, Ministre d’État, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération ; Dr Alambedji Abba Issa, Ministre de l’agriculture ; M. Mahamane Sani Mahamadou, Ministre du Pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables ; Mme Garama Saratou Rabiou Inoussa, Ministre de l’Environnement et de la lutte contre la Désertification et M. Oumar Moussa, Directeur de Cabinet adjoint en second du Président de la République.

Lors de la COP 26, ils auront notamment avec leurs pairs à : rehausser l’ambition climatique. Les États qui ne se sont pas encore engagés doivent annoncer leur nouvelle ambition climatique, via la mise à jour des contributions déterminées au niveau national et la publication de stratégies de long terme à horizon ; finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris ; mobiliser la finance climat. Les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars en faveur des pays en développement pour chaque année de 2020 à 2025. Mais le compte n’y est pas, et des différents persistent sur le financement climat et renforcer l’Agenda de l’action. L’Accord de Paris encourage les États à coopérer avec les acteurs non-étatiques au sein d’un « agenda de l’action » rassemblant de multiples initiatives par grands secteurs d’activité, comme l’alliance solaire internationale.

Mais la question du financement sera au cœur des discussions notamment car les financements internationaux des politiques climatiques de l’Afrique sont encore très largement insuffisants par rapport aux engagements pris par les pays développés. C’est particulièrement vrai pour ce qui concerne les pays les moins avancés, qui peinent à accéder aux fonds. La mobilisation des financements internationaux vers les pays en développement atteignait près de 80 milliards de dollars en 2018, avec seulement 25 % des fonds alloués à l’Afrique et 9 % pour les pays à faible revenu. À l’occasion de cette CoP26 à Glasgow, de nombreux pays africains dont le Niger, attendent un bilan des engagements pris par les pays développés envers les pays en développement et émergents lors de la CoP21 : celui d’un de transfert de 100 milliards de dollars dès 2020.

L’enjeu de cette COP26 sera donc de s’entendre sur une action coordonnée des acteurs publics et privés, locaux et internationaux, autour de des financements, qui permettra de relever le défi d’une transition vers des économies africaines bas carbone et résilientes face aux changements climatiques et environnementaux. Le Niger veut y jouer sa partition.

Waliyullah Tajudeen pour Niameyinfo.

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