Oga le Slameur : « j’aimerais apporter une innovation, j’aimerais que tout ce qui vont se déplacer pour ce spectacle qui est une première, voient quelque chose de nouveau »

Du haut de ses 26 ans, il est l’une des voix les plus connus du Niger. Il évolue dans un domaine qui n’a pas pignon sur rue dans la sphère culturelle locale mais a su s’imposer par son style unique et les thèmes qu’il aborde, au-delà même des frontières de son Niger natal. Pour marquer ses 4 ans de carrière, « Oga le Slameur » puisqu’il s’agit de lui, a décidé d’offrir un spectacle inédit au public de Niamey. Un « Spectacle Imaginaire » autour d’un thème principal « Des Mots pour guérir nos Maux ». Tout un programme qui a piqué la curiosité de la rédaction de Niameyinfo à tendre son micro à l’artiste afin qu’il donne les contours de son évènement prévu le 6 novembre 2021 à la Blue Zone de Niamey.

Niamyinfo : On ne te présente plus, mais pour ceux qui ne connaissent pas encore, c’est qui Oga le Slameur et depuis quand évolue-t-il dans le milieu culturel au Niger ?  

Oga le Slameur :  A l’état civil je me nomme Chaibou Nori Ousseini, J’ai vu le jour le 30 Novembre 1995 à Niamey. Je suis un fruit du Village d’Enfant SOS. J’ai commencé à faire du Slam en novembre 2017.

NI : pourquoi le slam parmi tant d’autres expressions artistiques ? 

OS : A la base dès l’orphelinat, j’étais très passionné par l’art oratoire. A un certain âge j’ai commencé à faire de la poésie mais je m’intéressais aussi au théâtre. En 2017 donc, j’ai décidé de me focaliser sur le slam car il fallait que je choisisse un domaine dans lequel je pouvais émerger, je pouvais mieux m’exprimer et aussi dans lequel je pouvais me fixer des objectifs et les atteindre. Le choix du Slam a été aussi motivé par le Niger que c’est un art qui est bien reçu, qui n’est pas mal vu et dans lequel tu as la liberté de t’exprimer à ta guise.

NI : après 4 ans donc, tu te lances pour ton premier grand spectacle prévu le 6 novembre. Quelle est en est la particularité ?

OS : la différence de ce spectacle avec tous ceux que j’ai déjà eu à faire, c’est d’abord qu’il va marquer mes 4 ans de carrière. C’est une grâce d’avoir 4 ans de carrière dans un art dans lequel il n’est pas évident d’évoluer au Niger. Pour ce show que j’ai nommé « spectacle imaginaire », j’aimerais apporter une innovation, j’aimerais que tout ce qui vont se déplacer pour ce spectacle qui est une première, voient quelque chose de nouveau. Pour cela, le 6 novembre prochain, il n’y aura pas que du slam, ce sera un mélange d’arts, un mariage de cultures et d’idées. C’est le slam qui sera le fils conducteur de tout le show, mais les spectateurs verront du rap, de la danse contemporaine, de la danse traditionnelle, de la comédie et aussi de la musique. C’est une façon de dire que le slam rime avec tous ces arts. Quand on veut, on peut les unir et quand on veut, chacun d’eux évoluer tout seul. Je veux à travers mon spectacle, exprimer, le brassage et l’union de tous ces arts-là. Il y a plusieurs thèmes qui seront développés tout au long du « Spectacle Imaginaire » en partant du principal « Des Mots qui guérissent nos maux ». On parlera notamment de Violences basées sur le genre, la délinquance juvénile, le mariage précoce, la migration, le vivre ensemble, l’africanité et aussi la Paix. Ce sont des maux qui minent nos sociétés et je pense que si on arrive à passer des messages sur ces thèmes-là, on arrivera petit-à-petit à changer les choses. Les artistes sont beaucoup suivis, les artistes sont beaucoup écoutés, ils sont beaucoup aimés, pourquoi ne pas utiliser les artistes pour véhiculer ce genre de messages. Voilà le but du « Spectacle imaginaire ».

NI : c’est un secret de polichinelle, organiser un spectacle au Niger, n’est pas chose facile, dans quel état d’esprit se prépare ton prochain spectacle ?

OS : Il faut le reconnaître ce n’est pas facile, on avance petit-à-petit et comme on le dit chez, « Alhamdoulilah ». Le Spectacle imaginaire est en bonne voie. On reste hyper concentrés pour ne pas laisser beaucoup d’énergies dans l’organisation. Le show en lui-même nécessite énormément d’énergies, beaucoup de mouvements donc on essaie de ne pas trop se disperser pour que le jour-J on soit au top pour donner un spectacle digne de ce nom aux spectateurs. Les préparatifs grâce à Dieu, tout se passe bien avec les partenaires pour qu’on soit fin prêt le 6 novembre prochain.

NI : Justement parlant de partenaires, il y a quelques années en arrière tu n’aurais osé te lancer dans une telle aventure, mais récemment la culture commence à être soutenue un tant soit peu.

OS : Effectivement, il y a quatre ans quand je débutais, j’avais déjà à l’idée de produire un tel spectacle mais ça n’a pas abouti faute de partenaires. Mais ce que je me dis, c’est à nous les artistes de convaincre les partenaires, les mécènes par la qualité de ce que nous faisons. Car quoi qu’on dise, ils ne vont pas investir dans du vide. Donc c’est à cela que nous nous sommes attelés ces dernières années en nous imposant dans le domaine du slam. Maintenant je peux dire que ça va niveau partenariat. Il y a de l’engouement autour du spectacle imaginaire et c’est ce qui me donne de la force de continuer. J’ai déjà en projet de poursuivre le « spectacle imaginaire » dans les autres villes du Niger après Niamey.

NI : un message à l’endroit du public de Niamey ?

OS : je les appelle à venir voir, à venir découvrir le spectacle imaginaire. Il ne faudrait surtout pas qu’ils restent derrière leur téléphone à se poser des questions sur ce que peut dire le spectacle, il faut qu’ils déplacent pour assouvir leur curiosité, parce que c’est seulement quand ils seront en face de la scène qu’ils auront les réponses à tous leurs questionnements.

Propos recueillis par Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.

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