Nécrologie : Zalika Souley, l’héroïne d’Al’lèssi, et grande vedette du 7è Art africain n’est plus

Il y’a quelques jours, Niameyinfo tendait son micro à la célèbre cinéaste nigérienne, Rahmatou Keïta. Dans le récit de son parcours, elle n’a pas manqué de revenir sur sa filmographie et son premier long métrage, « Allèèssi, une actrice africaine » qui racontait la vie de Zalika Souley. Nous sommes au regret d’annoncer que celle qui est considérée comme la première actrice professionnelle en Afrique Subsaharienne est décédée ce mardi 27 juillet à l’âge de 74 ans.

Née en 1947, Zalika Souley, était une figure emblématique du cinéma nigérien. A une époque où ce cinéma à son firmament, s’emparait les prix aux rencontres cinématographiques africaines, Zalika Souley, considérée comme la première actrice professionnelle de cinéma en Afrique subsaharienne (dans les années 1960), était la cible favorite des chasseurs d’images. Certes par sa beauté mais surtout parce que la brave dame, dégageait une image d’émancipation.

Attirée vers le monde artistique en général, particulièrement la musique moderne, Zalika a évolué au sein d’une bande de copains musiciens disco de l’époque, et d’ailleurs s’essaya même au chant. En ces temps, ou le blues faisait fureur, « les grands bars étaient animés par un groupe disco qui faisait de Niamey la capitale du rock and roll dans la sous-région » racontait-elle dans une de ses précédentes interviews.

Quant à son arrivée dans le monde du cinéma, elle peut être décrite comme un pur hasard. Son histoire, racontée dans le film documantaire « Al’lessi, une actrice africaine » de la cinéaste Rahmatou Keïta, on retient que c’est en 1966, « quand un voisin lui demande si elle serait prête à tenter l’aventure du cinéma avec une de ses connaissances, le cinéaste en herbe Moustapha Alassane, Zalika Souley, avec l’insouciance de ses 18 ans, dit immédiatement oui ». Ainsi a donc commencé son aventure dans le cinéma. Au cours de la même année, Zalika fait ses premiers pas en jouant dans le film « Le retour d’un aventurier ». Elle a tourné avec Oumarou Ganda dans Le Wazzou polygame, Saïtane, l’Exilé, mais également avec Moustapha Alassane, Moustapha Diop, Djingarey Maïga…. Aussi tôt, elle est sollicitée par de nombreux réalisateurs africains de l’époque. Une époque où les Moustapha Alassane, Oumarou Ganda, Moustapha Diop faisaient la pluie et le beau temps au Fespaco de Ouagadougou et aux journées cinématographiques de Carthage.  « Quand on lui parle argent, elle parle honneur et respect » confient ceux qui la connaissent de près. Elle a été élevée au rang d’officier de l’Ordre du mérite ivoirien. Elle a reçu la même décoration en Tunisie. Pour Zalika Souley, le cinéma comme un combat que les Africains doivent gagner malgré les différents écueils qui minent la profession, mais aussi comme une école pour l’éducation des différentes générations.

Cette grande vedette du 7è Art africain, a également fait du théâtre et de la télévision. Malheureusement, comme la plupart des grands artistes, Zalika Souley, n’a pas pleinement vécu de son art. Mais à travers son parcours, sa passion et son engagement incontestable du cinéma, Zalika a laissé une grande trace dans le monde culturel et artistique du Niger. Et ces œuvres resteront à jamais immortelles.

Puisse son âme retrouver la paix. Ameen !

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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