M.Bazoum à E. Macron : « Nous n’avons pas besoin de plus de soldats français au Sahel… »

Comme annoncé le Président nigérien, Mohamed Bazoum, a participé le vendredi 9 juillet, depuis le Palais de l’Elysée aux côtés de son homologue français, Emmanuel Macron, au Sommet du G5 Sahel. Au cours de la conférence de presse conjointe entre les deux dirigeants, le Chef d’Etat nigérien s’est prononcé sur les forces internationales dans le Sahel réitérant sa position selon laquelle, leur présence n’était pas la panacée au problème du terrorisme dans la région.

Mohamed Bazoum voit d’un bon œil, le départ des troupes françaises de la région du Sahel. C’est ce que le président nigérien a indiqué dans sa déclaration alors qu’il se tenait aux cotés de son homologue français qui un mois plus tôt, a annoncé la fin progressive de l’opération Barkhane. « Nous ne pouvons que souscrire avec ce que la France est en train de faire, nous concevons que cette voilure soit réduite…la nature de notre ennemi commande une autre coopération » a fait savoir Mohamed Bazoum ajoutant que tous les pays du G5 Sahel sont « absolument d’accord avec la rationalisation de l’engagement français ».

Cette même position avait déjà été exprimé par le Chef d’Etat nigérien quelques heures plus tôt alors qu’il était en visite officielle en Allemagne et était interviewé par « Deutsch Welle » sur l’envoi de troupes allemandes dans le Sahel : « Non » avait-t-il répondu « je pense que ce n’est ça la question. Vous voyez que la France est en train de diminuer les effectifs de ses soldats parce qu’ils sont totalement non nécessaires. Nous n’avons pas besoin vraiment de soldats au sol dans le cadre des opérations militaires qui peuvent être menées dans la lutte contre le terrorisme. Nous avons besoin de nos partenaires européens pour ce qu’ils savent faire et pour lequel nous, nous n’avons pas les moyens, en complément de ce que nous avons à faire et pour lequel ils ne sont pas nécessaires. De façon concrète, nous avons besoin de moyens, de technologie que nous ne possédons pas, pour les informations, pour le renseignement, les avions de reconnaissance…Toute l’information technologique. Cela les Européens l’ont, nous nous ne l’avons pas » a fait savoir Mohamed Bazoum.

Sur le déplacement des bases militaires françaises du Tchad eu Niger, Mohamed Bazoum a là aussi, été catégorique : « je ne pense pas que ce soit à l’ordre du jour. Ils vont réduire leur présence dans un certain nombre de sites où ils sont jusqu’à présent. Est-ce que Niamey sera affecté par cette réduction, ça ne me semble pas être le cas. Est-ce que N’Djamena le sera ? je n’en sais rien, mais il ne s’agit pas transférer ce qu’ils ont de N’Djamena à Niamey, ce n’est pas dans la perspective », a martelé Bazoum.

Ces déclarations du président nigérien interviennent alors que de nombreux médias occidentaux annoncent que Niamey sera le pilier principal de la stratégie française dans le Sahel notamment via la task force Takuba qui aura sa base dans la capitale nigérienne. Rien que de paradoxal pour Mohamed Bazoum qui indique « si le dispositif international de soutien à cette guerre que nous menons devait avoir cette zone des trois frontières pour centre de gravité, ce serait quelque chose de plus logique ».     

Waliyullah Tajudeen pour niameyinfo.

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