Niger : épinglé par un rapport de la Cour des Comptes, l’ex DG de Niger Télécoms tente de « rétablir la vérité »

Porté à la connaissance du public le 13 avril 2021 lors d’une conférence de presse à Niamey, le « Rapport Public 2020 » de la Cour des Comptes du Niger, a piqué à travers quelques lignes l’opérateur de téléphonie « Niger Télécoms ». Des lignes qui ont relevé des actes de corruption et de violation de loi. Touchant à sa réputation et surtout à sa crédibilité, Abdou Harouna, ancien Directeur Général de la Société n’est pas resté sous silence radio. Il fallait selon lui, coûte que coûte donner des éclaircissements pour se blanchir de cette situation « humiliante ». C’est ce qu’il a fait à travers une déclaration rendue publique.

En effet, selon le « Rapport Public 2020 » de la Cour des Comptes, institution compétente en matière de contrôle des finances publiques, l’examen financier de la société anonyme « Niger Télécoms » a révélé plusieurs manquements. On peut citer entre-autres : « l’absence d’actes d’adoption des grilles de salaire et des indemnités ;  l’absence d’approbation de la tutelle pour l’octroi au DG d’une rémunération mensuelle nette de 5 515 000 FCFA (sans préciser la répartition des autres indemnités), en violation de l’article 8 du décret n° 86-154/PCMS/MTEP/SEM du 23 octobre 1986… ; l’absence d’approbation de la tutelle pour l’octroi au DG d’une indemnité forfaitaire d’installation de 7 500 000 F CFA, d’une indemnité forfaitaire de départ de six (6) mois de salaire mensuel net en violation de l’article 9 du décret n° 86- 154/PCMS/MTEP/SEM du 23 octobre 1986…et enfin l’octroi, sans base légale, d’avantages aux PCA (véhicule de fonction, carburant de 300 000 FCFA par mois) ».

Des révélations qui ont engendré une flopée de réactions des Nigériens déjà déçus du système administratif du pays. Pour tenter de regagner sa crédibilité auprès de ces derniers, l’ancien DG de « Niger Télécoms », Abdou Harouna, a d’abord précisé dans un message publié sur les réseaux sociaux que sa prise de service effective dans la société est située de janvier 2017 à décembre 2020. « Permettez-moi de commencer par le rapport de 2019 de la même cour où tous les Nigériens ont pensé que les dépenses effectuées pour la Fatiha étaient pendant ma gestion. Relisez bien le rapport ces dépenses ont été faites en 2014 donc 2 ans avant ma nomination » déclare-t-il tout en ajoutant que « pour ce qui est des recrutements de 2013 à 2016, pour Sonitel et SahelCom, je précise que je n’étais pas nommé à ce temps. Il s’agit bien de la gestion des deux (2) sociétés avant la fusion qui avait donné naissance à Niger Télécoms suivi de ma nomination en Décembre 2016. Donc ma gestion assume ce passif mais n’est pas responsable des actes posés en cette période ».

Parlant de son salaire et de ses indemnités qui selon le rapport, n’ont pas fait l’objet de validation de la Tutelle. Abdou Harouna a souligné que, c’est bien « une omission de la Cour », car selon ses propos « quand nous avions reçu le rapport provisoire, toute la documentation a été fournie aux auditeurs. Malheureusement nous constatons que les corrections nécessaires n’ont pas été prises en compte dans le rapport final de la cour ». Pour plus de transparence, le Directeur va jusqu’à proposer de mettre à la disposition du public les lettres des deux (2) ministères de tutelle de Niger Télécoms. « C’est clair que le salaire et les indemnités ont bel et bien suivi la procédure normale à savoir la validation du conseil d’administration, validation du ministère des Télécommunications et enfin celle du ministère des finances » dit-il. 

Abdou Harouna conclu son message à « l’opinion publique » en précisant qu’il ne cherche pas à jeter le discrédit sur la Cour des Comptes, mais « je me sens juste dans l’obligation de rétablir la vérité des faits suite à beaucoup d’appels que je reçois par des amis et membres de famille qui me connaissent bien et croient à mon sens d’intégrité. Je ne suis qu’un être humain susceptible de commettre des erreurs dans ma vie et ma carrière. Mais cette fois-ci avec l’aide de Dieu, il y’a juste incompréhension ».

La Cour des Comptes, note-t-on, est la plus haute juridiction de contrôle des finances publiques. Elle est juge des comptes de l’Etat, des Collectivités territoriales, des établissements et entreprises publics, des autorités administratives indépendantes et de tout organisme bénéficiant du concours financier de l’Etat et de ses démembrements.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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