Ramadan 2021 : les Nigériens en quête de bénédictions entre chaleur, hausse des prix et Covid-19

C’est avec température élevée et cherté de la vie que les Nigériens ont commencé le mois de Ramadan 2021 qui a débuté le mardi 13 avril dernier. Si partout ailleurs, le mois du Ramadan a la particularité d’être rude, au Niger, en plus d’être rude il saignant pour les portefeuilles. C’est en effet la période où la spéculation sur certains produits tels que le sucre, le gingembre, citron et même certains légumes, atteint son paroxysme. Par contre, concernant la covid-19, contrairement à l’année dernière au plus fort de la pandémie, cette année les musulmans font face à moins de restrictions pour effectuer leurs actes d’adoration.

En ce mois d’avril, les journées sont particulièrement ensoleillées et très chaudes. La température varie entre 42 et 44 degrés Celsius, mais l’impression pour les jeûneurs est beaucoup plus élevée. Dans les rues et marchés on peut voir des riverains qui s’arrosent constamment avec de l’eau leurs vêtements et corps pour atténuer la chaleur.  Pour éviter une forte déshydratation du corps, les spécialistes de santé conseillent de s’exposer au soleil le moins possible.

Le ramadan 2021 à Niamey, c’est aussi les cœurs en recherche de bénédictions, et les têtes pleines de soucis. Pour accomplir l’un des cinq (5) piliers de l’Islam, les musulmans vont encore se saigner. Une de leurs inquiétudes et même des non musulmans, qui doivent offrir du sucre en soutien à des parents ou amis, est la flambée des prix des produits pourtant essentiels pour confectionner les menus des repas de début et de rupture du jeûne. Les consommateurs sont contraints de serrer chaque jour un peu plus la ceinture.

Selon SANI Issa, commerçant au petit marché « cette cherté s’explique par le fait que la plupart de ces produits sont actuellement importés de certains pays de la sous-région, notamment le Nigeria, le Burkina Faso et le Ghana mais aussi hors de l’Afrique pour d’autres, même si cette hausse concerne aussi les produits made in Niger ». Quant aux consommateurs, la cherté des produits de première nécessité est liée à la demande, plus grande que l’offre. Le prix du kilogramme de pommes de terre est passé de 300 FCFA à 400 FCFA, le grand pack du sucre « Saint-Louis » est passé de 25.000 FCFA à 27.000 FCFA, la tomate à 100 FCFA les quatre boules fait désormais 500 FCFA. « Je lance un appel au gouvernement pour que les prix baissent. S’il y en a qui ont les moyens, d’autres ne les ont pas » a lancé une cliente. Pourtant dans sa traditionnelle déclaration marquant le début du mois saint de Ramadan, le Chef du Gouvernement Ouhoumoudou Mahamadou a exhorté les commerçants à la solidarité avec leurs concitoyens « aux commerçants et aux distributeurs de première nécessité, je leur demande de bannir la pratique de hausse injustifiée des prix ». Des mots qui sont tombés dans des oreilles de sourds car les prix affichés dans les marchés sont vertigineux.   

Mais pour ce deuxième Ramadan observé en période de pandémie, les fidèles musulmans du Niger sont moins soumis à des mesures restrictives. Pour rappel, le Ramadan 2020 a particulièrement été difficile pour les musulmans en raison des mesures de confinement mises en place par les autorités pour stopper la propagation du coronavirus. Les fidèles ont été privés des prières collectives dans les mosquées et un couvre-feu imposé. Mais la pilule a eu du mal à passer, des émeutes avaient secoué le pays contre ces restrictions et plusieurs arrestations s’en sont suivies. Pour calmer la colère de la population, les autorités avaient décidé d’assouplir le couvre-feu tout en maintenant les prières collectives interdites. Les chefs religieux avaient aussi multiplié les appels aux fidèles pour tenter de calmer les esprits. Heureusement cette année, point besoin de revivre toutes ces violences, les musulmans ont pu pour ce début de Ramadan, accomplir les prières collectives et sont contraints à quasiment aucune restriction. N’empêche que nombreux parmi eux sinon la totalité glissent dans leurs supplications, la fin de cette « maudite maladie » qui a mis sens dessus-dessous leur quotidien.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.  

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