Niger/ Sport : les pointes de Amina Seyni s’aligneront bien sur les 200m aux JO de Tokyo 2021

Après avoir été jugée « trop masculine » et privée de sa place pour les jeux Olympiques (JO) de Tokyo 2021, Aminata Seyni, retrouve enfin son sourire. Dans un poste sur sa page Facebook, la « guéparde » du Niger a réaffirmé, le 14 avril 2021, sa participation sur les 200 mètres aux Jeux olympiques de Tokyo. Une nouvelle qui réjouit bien les groupes de soutiens qui se sont formés autour d’elle et ses concitoyens.

Il y a quelques jours, le vice -président du comité national olympique du Niger et le chef de la délégation nigérienne avaient annoncé que l’Athlète hyperandrogène, Amina Seyni « ne pourra pas faire son voyage au Japon » pour avoir refusé de prendre un traitement pour faire baisser son taux de testostérone. Une situation qui a été traité « d’injustice » selon l’opinion nationale et internationale. En effet, la disqualification de la sprinteuse nigérienne qui devait participer aux JO de Tokyo, a été une polémique qui a frappé de plein fouet l’athlétisme mondial.

Mais le vent a tourné de sens, avec une photo où illumine un large sourire sur son visage, Amina a annoncé que « après consultations il s’est trouvé que ma disqualification n’était pas faite et s’il est vrai qu’on m’a demandé de prendre de produit effectivement c’est pour aller aux 400m…étant donné que je suis restée aux 200m je n’avais pas besoins de prendre des produits ».  Après avoir remercié l’ensemble des personnes qui l’ont soutenu, Amina Seyni n’a pas hésité à exprimer sa joie « j’ai réalisé que je pouvais participer sur 200 mètres aux Jeux olympiques de Tokyo et je suis soulagée d’avoir le soutien de la Fédération d’athlétisme du Niger.  Je suis une athlète qui a travaillé très dur tous les jours de ma vie »

Tout comme Aminatou Seyni et la sud-africaine Caster Semenya, de nombreuses athlètes hyperandrogènes sont pénalisées par les règlements de la fédération Internationale d’Athlétisme, l’IAAF. C’est le cas de la Burundaise Francine Niyonsaba et de la Kényane Margaret Wambui. Idem pour la sprinteuse indienne Dutee Chand. Des règles lourdes de sens qui amènent à s’interroger sur le phénomène de l’hyperandrogénie.

Selon le magazine « le Temps », chez la femme, l’hyperandrogénie se traduit par une production importante d’androgènes, substance provoquant une hausse du niveau de testostérone, hormone accroissant la masse musculaire et réputée améliorer les performances sportives notamment. Deux types d’hyperandrogénie peuvent alors être distingués, l’une clinique, l’autre biologique. « La première peut se manifester par un hirsutisme (présence de poils de distribution masculine sur le dos, les fesses ou le visage), par de l’acné ou encore par une augmentation de la taille du clitoris. La seconde peut, quant à elle, se traduire par une hausse des androgènes présents dans le corps et amener à des troubles des cycles menstruels et de l’ovulation. Des traitements hormonaux adaptés permettent dès lors de limiter ce phénomène », relève Julie Bénard, médecin adjointe au Service de gynécologie aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Plusieurs membres de la communauté scientifique se sont par ailleurs positionnés en soutien à ces sportives jugées trop « masculines », considérant qu’interdire les concours à ces femmes, à moins qu’elles ne réduisent leur taux de testostérone, reviendrait à interdire à des basketteurs de jouer, car ils étaient trop grands.

Akiné Fatouma pour niameyinfo.

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