Présidentielles au Niger : à quelques encablures du scrutin, Hama Amadou et Mohamed Bazoum ont maille à partie avec la justice

A quelques semaines des élections générales au Niger, les deux principaux candidats déclarés à la présidentielle, Hama Amadou et Mohamed Bazoum sont empêtrés dans des procédures judicaires. L’information est tombée dans la soirée du mercredi 11 novembre 2020. C’est en effet, le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Diffa a reçu par exploit d’huissier une assignation en contentieux sur le certificat de nationalité de Mohamed Bazoum, 60 ans, ancien Ministre de l’Intérieur ainsi que des Affaires Etrangères, et candidat du parti au pouvoir PNDS-Taraya. D’autre part, son principal challenger Hama Amadou, lui se retrouve dans une impasse qui a pour cause la condamnation d’un an qu’il a purgé pour son implication dans l’affaire dite des ‘’bébés importés’’.

Cette action en justice, concernant la nationalité de Bazoum Mohamed serait initiée par des acteurs politiques de la région de Diffa qui estiment que le certificat de nationalité de l’ancien ministre a été frauduleusement établi et demandent à la justice de prononcer sa nullité et ordonner la radiation du sieur Mohamed Bazoum.

De l’autre côté, son principal challenger Hama Amadou, condamné le 13 mars 2017 pour recel d’enfants et qui avait intenté une action en justice pour que cette condamnation soit radiée de son casier judiciaire, n’est pas parvenu à son objectif.  

C’est dans une lettre en date du 9 novembre dernier, adressée à l’avocat du Chef de file de l’opposition, l’ancien bâtonnier maître Daouda Samna, que le président de la Cour d’Appel de Niamey a estimé qu’il n’est pas possible de rectifier le casier judiciaire de l’opposant. Il a aussi indiqué que cette condamnation était définitive et qu’il n’était aucunement question de rectifier son casier judiciaire.

Le code électoral nigérien stipule que toute personne condamnée à un an de prison ou plus ne peut être inscrite sur les listes électorales et donc ne peut se présenter. Le risque est donc grand que la candidature du principal candidat de l’opposition soit invalidée.

Contacté par RFI, l’avocat de Hama Amadou, Daouda Samna a dit craindre pour les prochaines élections. « J’ai de grosses inquiétudes par rapport au déroulement des élections. Il faut laisser aux Nigériens la liberté de choisir la personne qu’ils veulent. Il ne faut pas utiliser des artifices judiciaires pour empêcher des candidats d’être candidat ». Il a également indiqué qu’une procédure pour faire opposition à la condamnation de Hama Amadou est déjà en cours.

La Cour Constitutionnelle publiera sous peu, la liste des candidats déclarés éligibles. Il est à noter qu’ils sont au total 41 candidats qui ont fait acte de candidatures, en vue des élections présidentielles du 27 décembre 2020.

Hamadou Moussa Fatahou pour Niameyinfo.

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