Le SNEN émet des réserves quant à la réouverture des écoles le 1er juin

Après près de deux mois de suspension des cours dans les écoles et universités du Niger pour des raisons liées à la pandémie du covid-19, le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Ministre en charge de l’éducation nationale, M.Yahouza Sadissou a annoncé la réouverture officielle des écoles pour le 1er juin prochain. Et c’est pour une durée de 45 jours que les cours vont se poursuivre pour permettre aux enseignants de parachever le programme au titre de l’année 2019-2020. Une décision qui selon le Secrétaire Général du Syndicat National des Enseignants du Niger (SNEN), Issoufou Arzika interrogé par notre rédaction, pourrait être lourde de conséquences pour diverses raisons.

D’abord comme première inquiétude, Issoufou Arzika  à relever  les conditions dans lesquelles  les enseignants et élèves vont poursuivre  les cours : « notre première inquiétude est de savoir s’il y’avait un avis médical favorable pour rouvrir les écoles ».

L’autre point d’ombre est la déclaration du Ministre de tutelle indiquant que les enseignants ont pu depuis la rentrée parachever leur programme à  hauteur de 60 à 75% voir jusqu’à 80%. Le SG du SNEN met un bémol et explique : « quand on regarde la réalité de très près, on sent que ce n’est pas le cas pour le primaire parce que d’abord dès qu’on rentre avant que les cours commencent il y’a toujours des retards liés à la construction des classes, aux déplacements des enseignants puisque quand le gouvernement affecte il ne transporte pas les enseignants, ces derniers   préfinancent le temps qu’il les paie. Et ça aussi c’est pour les titulaires pour les contractuels c’est aussi une autre chose » a-t-il souligné.

C’est dire que toutes ces alertes montrent que l’année ne commence pas véritablement le 1er octobre car,  même si elle commence, pendant trois mois des remédiations sont faites pour rehausser le niveau des élèves « on ne  démarre pas directement le programme proprement dit, on doit d’abord essayer de relever le niveau des élèves parce qu’on a constaté qu’il y a une baisse de niveau qui ne permet pas aux enfants de comprendre l’enseignement qu’on leur livre. Alors c’est une solution pédagogique qu’on a trouvée pour faire une remédiation en lecture et en calculs à tous les niveaux du primaire ».

« Mais puisqu’il y’a eu un autre aléa qui est le covid-19 qui est   indépendant de la volonté  de n’importe qui, il fallait aussi s’y faire  et dire que oui nous allons passer le plus clair du temps le premier trimestre à faire une mise à niveau par le programme proprement dit et qu’au deuxième trimestre où il fallait commencer le programme, les enseignants n’étaient pas formés donc ce manque de formation  et de support à enseigner a fait  aussi perdre du temps donc on a pas véritablement eu les deux trimestres en train d’enseigner alors comment on peut pas arriver à 75% au niveau primaire, cette inquiétude fait que nous elle est irréelle chez nous, nous  sommes convaincu qu’on a pas 75% du programme mais soit le gouvernement  a considéré cela, dire qu’il a prévu 45jours pour parachever le programme c’est-à-dire enseigner et évaluer les élèves ».

Ce temps déterminé par le gouvernement pour parachever le programme,a été jugé insuffisant parIssoufou Arzika car « si on regarde d’un peu plus près, 45jours font 28jours si on enlève les weekends et les mercredis soirs pour les primaires. Maintenant au sein de ces 28 jours comment faire l’enseignement et évaluer les élèves. Ce n’est pas réaliste et si on le fait comme c’est pour aggraver une situation de baisse de niveau qui est déjà criarde dans la sous-région et même au plan mondial » a souligné le Secrétaire général du Syndicat National des Enseignants du Niger SNEN

Pour rappel le gouvernement avait annoncé le 30 avril dernier la réouverture des écoles et lieux de cultes de manière progressive à partir du 1er juin si la tendance à la pandémie du covid-19 se maintient. Il a annoncé dans son programme que la rentrée prochaine est prévue pour le 15 septembre 2020 pour les lycées, le 1er octobre 2020 pour le collège et primaire, le 1er janvier 2021 pour les universités et grandes écoles.

Mina Abda (stagiaire) pour Niameyinfo.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.