Crise post-électorale en Guinée Bissau : Issoufou Mahamadou prend le taureau par les cornes

Depuis fin décembre 2019, la Guinée-Bissau vit une crise post-électorale qui risque de conduire le pays vers une nouvelle instabilité politique. La raison la victoire contestée de l’opposant Umaro Sissoco Embalo à l’issue du 2ème tour de la présidentielle le 29 décembre 2019. Suite à une requête en annulation devant la Cour suprême introduite par son challenger et candidat du PAIGC, Domingo Simoes Pereira, la Commission électorale nationale et la Cour suprême de Bissau sont à couteaux tirés.

Face à la situation qui devient de plus en plus tendue, le président nigérien, Issoufou Mahamadou a décidé de prendre en main le dossier. En sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, il a dépêché  une mission d’urgence à Bissau pour s’enquérir de la situation sur le terrain. A la tête de cette mission spéciale le ministre des affaires étrangères M. Kalla Ankourao. Dans une correspondance adressée au Premier ministre bissau-guinéen, Aristide Gomes, le Bureau du Représentant de la CEDEAO à Bissau, informe celui-ci de l’arrivée, le jeudi 30 janvier 2020 de la mission du Comité ministériel de suivi de la Communauté pour évaluer la situation politique post-électorale du pays.

Les émissaires du chef de l’État nigérien ont rencontré les protagonistes, mais surtout les dirigeants des institutions de la Guinée-Bissau afin de trouver une solution face à la crise qui bloque le fonctionnement du pays. Outre le ministre Ankourao, la délégation de la CEDEAO, était composée du ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de Guinée (Conakry), Naby Youssouf Kiridi Bangoura, représentant le président Alpha Condé, Médiateur dans la crise en Guinée-Bissau, et de l’Ivoirien Jean Claude Brou, président de la Commission de la Communauté.

A l’issue de la rencontre, le comité ministériel de la CEDEAO pour la Guinée-Bissau a pris des décisions fermes pour résorber la crise post-électorale qui perdure dans ce pays. La mission a décidé de prendre en main le dossier et de chapeauter le recomptage des voies du second tour des élections du 29 décembre dernier conformément à la décision rendue le vendredi 24 janvier dernier par la Cour suprême de Bissau. Pour boucler ce travail de vérification des procès-verbaux du scrutin, la CEDEAO a accordé un délai de huit jours qui coure jusqu’au vendredi 7 février prochain. Date à laquelle cette consolidation nationale des résultats issus des Commissions régionales du second tour devra être achevée en présence des représentants des deux candidats afin de dresser un procès-verbal définitif.

Le Comité, dans son communiqué, a invité les partisans des deux candidats à œuvrer pour la paix et la stabilité du pays. Non sans mettre en garde ceux qui s’engageraient dans le sens contraire. A propos, les émissaires de la CEDEAO ont condamné fermement des « propos discourtois » tenus à l’encontre de certains chefs d’Etat et réaffirmé l’engagement de la Communauté à consolider la paix et la démocratie en Guinée-Bissau. Ceci pour aider ce pays à mettre en œuvre les priorités de son développement économique.

Almoustapha Danguida pour Niamyinfo.

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